Sommaire
Après une séance d’ergothérapie, vous regardez la facture et vous vous demandez si votre mutuelle en remboursera une partie. La réponse n’est pas automatique, même avec une ordonnance.
Vous saurez comment vérifier vos garanties et quelles démarches peuvent vous aider à limiter le reste à charge.
Ergothérapie : la réponse en bref
En libéral, l’Assurance Maladie ne rembourse généralement pas les séances ni les bilans d’ergothérapie, même sur ordonnance. Mais votre mutuelle peut prévoir un forfait. Certains parcours spécialisés sont aussi financés par des aides publiques.
La prise en charge varie selon votre situation : trouble du neurodéveloppement, handicap ou perte d’autonomie. Elle dépend aussi du type de prestation : séance, bilan, adaptation du logement ou aide technique.
L’Assurance Maladie rembourse-t-elle les séances ?
Soins en libéral et en établissement
En cabinet libéral, vous payez en principe les séances et les bilans. L’ergothérapeute fixe ses honoraires et vous remet une facture après paiement.
En établissement de santé ou médico-social, l’ergothérapie peut être incluse dans le financement global, par exemple en service de rééducation, en CAMSP, CMPP ou SESSAD. Demandez si les interventions sont incluses et si vous aurez des frais à payer.
Facture et renseignements à prévoir
- Vérifiez que la facture précise le professionnel, la date et la nature de la prestation, ainsi que le montant payé.
- Prévoyez le numéro SIRET ou d’autres renseignements professionnels si l’organisme les demande.
Parcours particuliers et affection de longue durée
Pour un enfant de moins de 12 ans qui risque un trouble du neurodéveloppement, une plateforme de coordination et d’orientation (PCO) peut financer des bilans et des séances d’ergothérapie. Le médecin adresse l’enfant à la plateforme. Celle-ci organise le parcours avec des professionnels partenaires.
La famille ne paie pas directement les interventions prises en charge. Le parcours peut durer jusqu’à 12 mois et être renouvelé une fois, pour deux ans au maximum. Aucune demande auprès de la MDPH n’est nécessaire pour lancer ce financement précoce.
Comment la mutuelle peut-elle intervenir ?
Votre mutuelle peut participer aux frais si votre contrat le prévoit. La garantie peut figurer dans les rubriques consacrées aux soins paramédicaux, aux actes non remboursés, à la prévention ou aux médecines douces.
Selon le contrat, l’aide peut être un montant fixe par séance, un forfait annuel partagé entre plusieurs professionnels ou un pourcentage d’une base de remboursement. Cette dernière formule peut ne rien couvrir si aucune base officielle ne correspond à la prestation.
Dans le tableau de garanties, cherchez les mentions
- « ergothérapie »
- « actes non remboursés par l’Assurance Maladie »
- « auxiliaires médicaux non conventionnés »
- « forfait prévention ou handicap »
Demandez une confirmation écrite en précisant le tarif, la prestation, le nombre de séances et la présence éventuelle d’un bilan.
Quelles démarches effectuer pour demander le remboursement ?
Avant les séances
Si le professionnel qui vous oriente le juge utile, demandez une prescription ou un courrier médical. Il doit décrire vos difficultés et les objectifs des séances.

Pour interroger votre mutuelle, précisez le type et le nombre de rendez-vous prévus. Il peut s’agir d’une séance, d’un bilan, d’une visite à domicile ou d’une évaluation du logement. Vérifiez si un accord préalable est nécessaire. Votre contrat peut demander un devis, une prescription ou le nom du professionnel.
Deux démarches à vérifier avant de commencer
- Pour un enfant concerné par une PCO-TND, demandez au médecin de l’adresser d’abord à la plateforme. Celle-ci valide le forfait et les professionnels partenaires. Des séances libérales réservées avant cette étape ne sont pas automatiquement remboursées.
- En cas de difficultés financières, contactez la CPAM avant de commencer. Elle peut accorder une aide individuelle selon votre situation et les justificatifs fournis.
Constituer et envoyer le dossier
Réunissez le devis, les factures acquittées et les échanges avec la mutuelle. Envoyez le dossier depuis votre espace client ou par courrier, selon votre contrat. Gardez une copie et demandez confirmation de réception.
Quel est le prix d’une séance ou d’un bilan ?
Les tarifs varient selon la durée et le type de prestation :
- 40 à 60 € pour une séance de 45 minutes.
- 50 à 80 € pour une séance d’une heure.
- 120 à 180 € pour un bilan ciblé.
- 180 à 300 € pour un bilan complet avec tests et compte rendu.
- 150 à 350 € pour une évaluation du domicile, selon la visite et les préconisations.
Des frais de déplacement peuvent s’ajouter si l’ergothérapeute intervient chez vous, à l’école, au travail ou en établissement. Il doit vous en informer avant l’intervention.
À vérifier sur le devis
- Vérifiez que le devis indique la durée et le nombre de rendez-vous, ainsi que les éventuelles visites à domicile et frais kilométriques.
- Demandez si la rédaction du compte rendu est comprise : elle peut être facturée séparément, notamment pour un dossier MDPH ou un aménagement professionnel.
Enfant, handicap : quelles aides complémentaires ?
Allocation d’éducation de l’enfant handicapé et prestation de compensation

L’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) aide à payer les dépenses liées au handicap d’un enfant de moins de 20 ans. Son complément peut couvrir des frais paramédicaux non remboursés, du matériel ou une aide humaine.
La prestation de compensation du handicap (PCH) peut financer :
- des aides techniques
- l’adaptation du logement
- une aide humaine
- certains transports
- des frais spécifiques
Pour un enfant, le cumul avec l’AEEH et son complément suit des règles particulières. Vous devrez peut-être choisir la formule la plus adaptée à votre famille.
Vous pouvez joindre les séances et bilans au dossier s’ils répondent à un besoin lié au handicap. La MDPH étudie le projet de vie et les dépenses justifiées avant de prendre sa décision.
Préparer les demandes
Pour demander l’AEEH ou la PCH, adressez-vous à la MDPH de votre lieu de résidence. Le dossier comprend le formulaire unique et un certificat médical de moins de 12 mois.
Vous pouvez aussi joindre le bilan d’ergothérapie, le devis des prochaines séances et les factures déjà payées.
Personnes âgées : quelles prises en charge envisager ?
Évaluation de l’autonomie et aides locales
Dès 60 ans, l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) peut aider à financer un plan d’aide en cas de perte d’autonomie. Le conseil départemental évalue vos besoins et votre niveau de dépendance. Il tient aussi compte de vos ressources.
Vous pouvez aussi vous renseigner auprès du centre communal d’action sociale ou des services d’aide et de soins à domicile.
Financer l’intervention et les équipements
Sous certaines conditions d’âge, de situation et de ressources, MaPrimeAdapt’ peut financer une partie des travaux pour adapter votre logement. Cela peut concerner la salle de bains, l’accès au logement et les passages à l’intérieur.

L’aide couvre 50 % des travaux pour les ménages aux revenus modestes et 70 % pour ceux aux revenus très modestes. Les travaux pris en compte sont plafonnés à 22 000 € hors taxes.
Votre caisse de retraite, l’APA ou votre mutuelle peut aussi aider à payer certains équipements ou services.
Aides techniques : une prescription distincte des séances

Une aide technique vous aide à rester autonome ou compense une difficulté. Elle peut servir à vous déplacer, communiquer, faire votre toilette ou participer aux activités scolaires et professionnelles. Il peut s’agir d’un fauteuil roulant ou d’outils informatiques adaptés.
Le remboursement dépend de trois points : le matériel figure-t-il sur la liste des produits et prestations remboursables (LPP) ? La prescription est-elle conforme ? Les conditions techniques sont-elles respectées ? Selon l’équipement, l’Assurance Maladie couvre tout ou partie du coût.
Depuis le 1er décembre 2025, l’Assurance Maladie prend en charge intégralement, sans avance de frais, les fauteuils roulants inscrits sur la LPP, si les conditions sont respectées. Un médecin peut les prescrire. Selon votre situation, un ergothérapeute ou un masseur-kinésithérapeute le peut aussi.
Certaines options et adjonctions exigent un devis et un accord préalable. L’Assurance Maladie a alors deux mois au plus pour répondre. Sans réponse dans ce délai, l’accord est acquis.
Un professionnel de santé évalue généralement votre besoin et propose une aide. Vous l’essayez une ou plusieurs fois, puis le dossier part à l’Assurance Maladie ou à la MDPH. Vous commandez après validation du financement.
Si l’aide technique ne figure pas sur la LPP, la PCH, l’AEEH, l’APA, une caisse de retraite ou votre mutuelle peut compléter le financement. Préparez votre demande avec le devis, la prescription et les éléments qui justifient votre besoin.
Avant de réserver vos séances, demandez à votre mutuelle une confirmation écrite du forfait applicable, en précisant le type de prestation, son tarif et le nombre de rendez-vous. Faites établir un devis et vérifiez tout accord préalable : vous connaîtrez ainsi votre reste à charge avant de vous engager.
Foire aux questions
Quand aller voir un ergothérapeute ?
Vous pouvez consulter un ergothérapeute si des difficultés gênent vos gestes du quotidien, vos déplacements, l’écriture, les apprentissages, le travail ou la vie à domicile. Vous pouvez le consulter à tout âge, avec ou sans handicap reconnu.
Une consultation d’ergothérapie peut-elle se dérouler à domicile ?
Oui, l’ergothérapeute peut venir chez vous pour observer vos difficultés dans votre environnement habituel et proposer des adaptations. Prévoyez cette visite dans le devis, car elle peut entraîner des frais supplémentaires.
Combien de temps dure un accompagnement en ergothérapie ?
La durée dépend de votre objectif : un bilan ponctuel, quelques séances d’apprentissage ou un accompagnement plus long après une maladie ou une perte d’autonomie. Après l’évaluation initiale, l’ergothérapeute adapte le rythme à vos besoins et à vos progrès.
LA SANTÉ À VOTRE PORTÉE





