Comprendre sa santé.
Mieux vivre au quotidien.
MedilaxLA SANTÉ À VOTRE PORTÉE

Quelles techniques d’habillage en ergothérapie vous aident ?

Par Relu par Antoine BOUQUET
Un ergothérapeute aide une personne âgée à enfiler ses chaussures en étant assis au bord du lit dans une chambre.

Partager cet article

WhatsAppFacebookXE-mail

Sommaire

Pour vous habiller, vous devez souvent bouger, garder l’équilibre et coordonner vos mains.

Quand l’un de ces gestes devient difficile, la routine peut vite demander trop d’efforts. Les techniques d’habillage en ergothérapie vous aident à adapter votre façon de faire et à choisir des aides selon vos besoins.

Les techniques d’habillage mobilisent plusieurs capacités

Comprendre les difficultés

Pour vous habiller, vous devez bouger vos articulations : lever les bras, plier les hanches ou atteindre vos pieds. Vous devez aussi coordonner vos deux mains, surtout pour fermer les boutons et les fermetures éclair, ou nouer les lacets.

Si vous sentez moins bien certaines zones, soyez particulièrement vigilant. Vous pouvez ne pas sentir une couture, un pli ou une pression, surtout si vous restez assis longtemps ou portez une attelle.

L’ergothérapeute analyse l’activité

Pour trouver ce qui vous bloque, l’ergothérapeute vous regarde vous habiller, dans votre position habituelle et avec vos vêtements. Il repère l’étape difficile. Puis il cherche si le problème vient du mouvement, de l’équilibre, de la compréhension ou de votre environnement.

L’ergothérapeute peut regarder quels gestes vous font mal. Il vérifie aussi si vous pouvez vous habiller avec une seule main.

Une aide technique vous aide à compenser une difficulté pour vous habiller. Elle peut être conçue pour cela, comme un enfile-bas. Une chaise stable, un vêtement facile à fermer ou une pince à long manche peuvent aussi vous aider.

S’habiller assis réduit les efforts et le risque de chute

Préparer la situation

En position assise, vous changez moins souvent d’appui. Vous n’avez pas à tenir sur une jambe pour enfiler un pantalon, une chaussette ou une chaussure. Cette position aide en cas de faiblesse musculaire, de vertiges, de troubles de l’équilibre ou de fatigue.

Youtube video

Avant de commencer, posez près de vous le haut et le bas de votre tenue. Gardez aussi à portée de main les lunettes, orthèses ou appareils auditifs que vous portez pour vous habiller.

Installer votre assise en sécurité

  • Gardez les pieds au sol ou posez-les sur un repose-pieds.
  • Évitez de vous pencher loin pour récupérer un vêtement.
  • Si vous devez vous relever, rapprochez les affaires et prenez appui sur un support stable, pas sur un meuble léger ou mobile.

Décomposer les gestes

Enfilez votre haut dans cet ordre :

  1. Repérer le col et le devant.
  2. Poser le vêtement sur les genoux.
  3. Engager le bras le moins mobile.
  4. Faire remonter la manche jusqu’au coude, puis jusqu’à l’épaule.
  5. Enfiler l’autre bras.
  6. Passer la tête si nécessaire, puis tirer le tissu sur le dos et le ventre.
  7. Fermer le vêtement en commençant par l’attache la plus facile.

Pour enfiler le pantalon, faites remonter chaque jambe jusqu’au genou. Passez vos pieds l’un après l’autre, puis remontez le tissu sur vos cuisses. Levez-vous seulement pour tirer le pantalon sur vos hanches, si votre équilibre le permet.

En cas d’hémiplégie, le membre atteint passe en premier

Adapter l’ordre des gestes

L’hémiplégie paralyse ou affaiblit beaucoup un côté du corps. Pour vous habiller, passez d’abord le côté atteint. Le côté valide peut ensuite guider le vêtement et le membre plus faible.

À lire aussi :  Tout savoir sur le corset pour vertèbre fracturée

Pour vous déshabiller, faites l’inverse : libérez d’abord le côté valide, puis retirez le vêtement du côté atteint. Vous tirez ainsi moins sur l’épaule et évitez de demander au membre faible un mouvement qu’il ne maîtrise pas.

  • Pour enfiler un haut, posez le bras atteint sur les genoux ou sur un coussin. Faites passer doucement la main dans la manche, puis remontez le tissu au-dessus du coude et de l’épaule. Ne tirez pas sur la main ni sur le poignet pour déplacer le bras.
  • Avec un tee-shirt, posez le vêtement sur les genoux, col tourné vers vous. Passez d’abord le bras atteint dans la manche, puis le bras valide. Faites ensuite passer la tête et ajustez le bas du tee-shirt avec la main valide.
  • Pour enfiler un pantalon, commencez par la jambe atteinte. Si vous ne pouvez pas vous pencher, une pince à long manche ou une canne d’habillage peut guider le tissu jusqu’au pied.

Utiliser une seule main

Empêchez d’abord le vêtement de glisser. Coincez-le entre les genoux, posez-le sur les cuisses ou utilisez une surface antidérapante. Votre main disponible peut alors le manipuler.

Deux ustensiles à manche noir avec tiges métalliques sont posés sur une table en bois, près d’un vêtement, d’une plante et d’un tissu beige.

Pour enfiler une chemise, passez d’abord le bras valide dans la manche. Fermez ensuite les boutons, avec un crochet si besoin.

  • Crochet d’habillage : il accroche le tissu à son extrémité.
  • Enfile-bouton : sa boucle métallique saisit un bouton et le fait passer dans sa boutonnière. Certains modèles réunissent ces deux fonctions.

Choisir une aide technique selon la difficulté

Le bon accessoire dépend du geste qui pose problème. Si vous manquez de force dans les doigts, vos besoins diffèrent de ceux d’une personne qui ne peut utiliser qu’une main.

Les bandes autoagrippantes aident si vous avez peu de force dans les doigts. Une fermeture éclair avec un grand anneau est aussi plus facile à tirer.

Une fermeture aimantée demande moins de gestes. Vérifiez qu’elle convient à vos besoins et à vos éventuels dispositifs médicaux. Elle doit aussi rester fermée quand vous bougez.

Enfiler une chaussette avec un enfile-chaussettes

  1. Placez la chaussette sur la coque ou dans la gouttière, puis posez votre pied dans l’ouverture. Tirez les poignées vers vous. La chaussette glisse sur votre pied sans que vous ayez à atteindre le sol.

Pour enfiler un bas de contention, choisissez un modèle assez rigide et à votre taille. Un appareil pour chaussette ordinaire ne convient pas toujours : le bas est plus serré et plus difficile à étirer.

Vérifiez que l’appareil convient à votre chaussette ou à votre bas. Assurez-vous aussi qu’il se nettoie facilement.

Des chaussures à enfiler, avec une fermeture autoagrippante ou des lacets élastiques, demandent moins de gestes. Une semelle stable et une large ouverture aident si votre pied est raide, gonflé ou porte une orthèse.

Pensez aussi à votre marche. Une chaussure trop souple, trop large ou qui tient mal le pied peut gêner votre équilibre. Si possible, essayez-la assis, puis debout. Vérifiez que votre pied tient bien.

Le prix varie selon le modèle, sa longueur, sa rigidité et son degré de spécialisation. Voici les prix indicatifs :

  • Enfile-chaussettes simple : entre 7 et 30 euros.
  • Pince d’habillage : environ 10 à 35 euros.
  • Enfile-bas spécialisé : plus de 60 euros.

Le prix ne suffit pas pour choisir. Un modèle peu coûteux peut être trop court, demander trop de force ou ne pas convenir à une main spastique. Essayez-le avec un ergothérapeute ou dans un centre d’information et de conseil sur les aides techniques, pour éviter un achat inutilisé.

En France, l’Assurance Maladie peut rembourser le dispositif s’il figure sur la liste des produits et prestations remboursables. Selon votre situation, vous pouvez aussi solliciter votre mutuelle, votre caisse de retraite, votre caisse primaire d’assurance maladie ou le centre communal d’action sociale.

À lire aussi :  Soulager la douleur après une arthrodèse cervicale

Adapter les vêtements aux douleurs et aux amplitudes limitées

Choisir une coupe accessible

Une ouverture complète sur le devant, une fermeture autoagrippante et peu de coutures facilitent l’habillage. Éloignez les coutures des zones sensibles.

  • une ouverture complète sur le devant ;
  • une fermeture autoagrippante ;
  • peu de coutures, ou des coutures éloignées des zones sensibles.

Une brassière ou un soutien-gorge qui s’ouvre devant limite les rotations des épaules. Une chemise ouverte devant évite aussi une encolure étroite à passer par la tête.

Une chemise bleu clair à manches courtes, dotée de bandes de fermeture, est posée à plat sur un tissu beige, près d’une plante et de couvertures pliées.

Une taille élastique facilite la traction du pantalon. En position assise, une coupe plus haute à l’arrière et plus ample aux genoux peut être plus confortable, surtout si vos hanches et vos genoux restent fléchis.

Adapter le vêtement à la position

Dans un fauteuil, vérifiez le confort et les points de pression :

  • Une longueur excessive peut se coincer dans les roues ou former des plis sous les cuisses.
  • Une ceinture trop serrée peut accroître la pression sur l’abdomen si votre bassin reste fléchi.

En fauteuil roulant, vérifiez les points suivants :

  • le frein est serré avant l’habillage ;
  • les pieds reposent sur les palettes ou un support stable ;
  • le pantalon ne comprime pas les genoux ;
  • aucune couture ne se trouve sur une zone d’appui ;
  • le tissu ne forme pas de pli sous les fesses ;
  • les poches et leur contenu ne créent pas de pression.

Un miroir à long manche permet de vérifier la peau du dos ou des jambes sans avoir à regarder ces zones directement.

Adapter la stratégie au profil moteur, sensoriel et cognitif

Relier difficulté et stratégie

Un bouton difficile à fermer ne révèle pas toujours le même problème. La personne peut manquer de force, ne pas sentir ses doigts, ne pas comprendre le geste ou avoir du mal à repérer la boutonnière.

  • Faiblesse d’un côté : Faire passer le membre atteint en premier et maintenir le vêtement
  • Douleur ou amplitude réduite : Choisir une ouverture large, une coupe ample et une fermeture sur le devant
  • Faible précision des doigts : Essayer de gros boutons, une fermeture autoagrippante ou un enfile-bouton
  • Difficulté à atteindre les pieds : S’habiller assis avec un enfile-bas, un chausse-pied long ou une pince
  • Sensibilité diminuée : Contrôler les plis, les coutures, la température et l’état de la peau
  • Troubles visuels ou de repérage : Ajouter des contrastes, des repères tactiles et un rangement constant
  • Mémoire ou attention fragilisée : Réduire les étapes et présenter les vêtements dans leur ordre d’utilisation

Adapter les repères et les étapes

Quand la personne perd le fil des étapes, une routine stable peut l’aider. Ranger toujours les vêtements au même endroit et les préparer dans le même ordre réduit les recherches et les erreurs.

Donnez une consigne courte à la fois pour aider à suivre les étapes. Par exemple : « mettez la main dans la manche gauche ». Attendez que le geste soit fini avant de donner la suite. Corriger plusieurs mouvements à la fois peut compliquer l’activité.

En cas de négligence d’un côté, placez les vêtements et les repères de ce côté. Cela peut inciter la personne à explorer cet espace, sans créer de danger. L’ergothérapeute adapte cette approche à ses capacités visuelles et motrices.

Installer la personne et préserver sa participation

Organiser l’environnement

Dirigez la lumière vers vos mains et le vêtement. Cela facilite l’habillage. Évitez aussi les tapis mobiles près de vous.

Stabiliser votre installation

  • Dans un fauteuil roulant, vérifiez les freins, les repose-pieds et la stabilité du bassin.
  • Au bord du lit, assurez-vous que le matelas est assez ferme et que l’espace est dégagé pour éviter de glisser.

Ajuster l’aide humaine

Pour préserver sa participation :

  • guidez le vêtement plutôt que de tirer sur le membre ;
  • si nécessaire, soutenez le bras atteint sous le coude ou l’avant-bras ;
  • ne tirez pas sur une épaule douloureuse ;
  • intervenez davantage si l’équilibre devient incertain.
À lire aussi :  Choisir parmi les différents types de cannes de marche

Faire trop vite à la place de la personne peut réduire son entraînement et sa confiance. À l’inverse, une aide insuffisante peut entraîner douleur ou chute.

Un fauteuil roulant noir et argenté est posé dans une pièce lumineuse, près d’une fenêtre et de plantes en pot.

L’ergothérapeute peut montrer au proche où poser les mains. Il peut aussi lui indiquer quand intervenir.

Évaluer l’aide et la faire évoluer

Mesurer l’adéquation

Observez si :

  • la personne l’utilise seule ou avec une consigne ;
  • le geste demande moins de force ;
  • la douleur diminue ;
  • l’équilibre reste stable ;
  • la personne accepte de s’en servir au quotidien.

Faites l’essai avec les vêtements portés au quotidien. Un vêtement très ample ne suffit pas pour tester le dispositif. Il peut ne pas convenir avec une chemise ajustée ou un pantalon épais.

Un professionnel peut adapter la technique ou choisir une autre taille. Il peut aussi proposer une autre solution.

Suivre l’évolution

Une nouvelle évaluation peut être utile si :

  • sa force ou sa sensibilité diminue ;
  • une nouvelle douleur apparaît ;
  • une attelle ou une prothèse est ajoutée.

Dès votre prochain habillage, installez-vous assis dans un espace stable, préparez vos vêtements habituels à portée de main et repérez le geste qui bloque. Essayez une seule adaptation à la fois. Si une douleur, une rougeur ou un déséquilibre apparaît, arrêtez l’essai et demandez un avis professionnel.

Ma checklist pour faciliter l’habillage
Repérez les adaptations qui correspondent à votre routine et à vos besoins.

Une assise stable limite les changements d’appui et évite de devoir tenir sur une jambe.

Le côté valide peut ensuite aider à guider le vêtement.

Un enfile-bouton, une pince ou un enfile-chaussettes répondent à des difficultés différentes.

Une ouverture devant, une taille élastique ou une fermeture autoagrippante peuvent réduire certains gestes.

Vous pourriez ne pas sentir une pression ou une irritation.

Interrompez l’essai si l’aide entraîne une douleur, une rougeur, un déséquilibre ou une traction sur une articulation.

Une routine stable peut limiter les recherches et aider à suivre les étapes.

Foire aux questions

Les vêtements adaptés sont-ils utiles sans handicap moteur ?

Oui, ils peuvent réduire les gestes nécessaires si vous avez de l’arthrose, des douleurs, de la fatigue ou si vous récupérez après une intervention. Choisissez-les en tenant compte de votre équilibre, de votre position et de vos activités.

Peut-on apprendre une technique d’habillage après une hospitalisation ?

Oui, vous pouvez commencer à apprendre pendant la rééducation, puis poursuivre à domicile. L’ergothérapeute adapte les gestes à vos capacités et vérifie qu’ils restent sûrs dans votre environnement habituel.

Faut-il garder les vêtements portés avant les difficultés ?

Oui, si leur coupe, leurs fermetures et leur matière vous permettent encore de bouger facilement. Des lacets élastiques ou une fermeture autoagrippante peuvent parfois les adapter sans remplacer toute votre garde-robe.

Une aide technique doit-elle être prescrite ?

Cela dépend de l’aide choisie et du financement que vous demandez. Même si vous pouvez acheter un accessoire sans prescription, un essai avec un ergothérapeute vous aide à vérifier qu’il vous convient et que son utilisation est sûre.

Peut-on demander une aide à domicile pour l’habillage ?

Oui, un service d’aide à domicile peut vous aider à vous habiller et à vous déshabiller si vous ne pouvez pas réaliser seul ces gestes essentiels. Si vous avez plus de 60 ans et remplissez les conditions liées à la perte d’autonomie, l’APA peut contribuer au financement.

La newsletter Medilax

La santé, en toute clarté.

Retrouvez nos nouveaux articles santé et bien-être dans votre boîte mail.

Recevoir la newsletter

Inscription gratuite, avec confirmation par email.

Laisser un commentaire

Dans la même rubrique

Santé au quotidien