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Médecin traitant : un minimum de 500 patients envisagé par généraliste libéral suffirait-il à améliorer le suivi ?

Fixer un minimum de patients suivis peut-il aider ceux qui cherchent un médecin traitant ? La Cour des comptes envisage un seuil de 500 pour les généralistes libéraux installés, à adapter à leur exercice. Cette proposition reste à négocier, avec d’autres moyens pour dégager du temps et assurer un vrai suivi.

Par Relu par Antoine BOUQUET
Une médecin consulte un agenda ouvert sur son bureau, avec un stéthoscope et des dossiers

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Un cabinet peut recevoir des patients toute la semaine sans assurer, pour chacun, un suivi comme médecin traitant. Ce rôle va au-delà du rendez-vous ponctuel : il relie les consultations, la prévention et les soins dans la durée. C’est cette responsabilité que la Cour des comptes veut davantage répartir entre les généralistes libéraux installés, dans son rapport rendu public le 30 septembre 2026.

Sa proposition la plus discutée consiste à fixer un minimum de patients suivis comme médecin traitant. Le nombre de 500 est envisagé, mais la Cour prévoit aussi de l’adapter aux conditions d’exercice. Pour comprendre ce que cette piste pourrait changer, il faut regarder qui elle vise et le temps nécessaire pour suivre les patients.

Pourquoi compter les médecins traitants ne suffit pas

Au 30 juin 2025, 6,3 millions de patients de 17 ans et plus ayant recours aux soins de ville, tous régimes d’assurance maladie confondus, n’avaient pas de médecin traitant déclaré. Ce chiffre décrit l’absence d’un interlocuteur déclaré pour le suivi, pas une absence de toute consultation médicale. [1]

Le rapport examine donc deux problèmes liés : permettre à davantage de personnes de déclarer un médecin et s’assurer qu’elles peuvent réellement le consulter. Lorsque vous devez faire le point sur plusieurs traitements ou revenir sur un problème qui dure, le nom inscrit dans votre dossier n’est qu’un début.

Les données de 2023 donnent un repère : plus d’un patient sur cinq ayant déclaré un médecin traitant généraliste libéral ne l’avait pas vu dans l’année. Une partie avait consulté un autre généraliste. La Cour appelle ainsi à mesurer l’accès effectif et la continuité du suivi, au-delà du nombre de déclarations. [1]

500 patients : une piste pour les prochaines négociations

La recommandation officielle demande de rendre obligatoire un seuil minimal de patientèle médecin traitant pour tout généraliste libéral installé, dans le cadre des prochaines négociations conventionnelles. Il s’agit des discussions qui définissent les engagements et les rémunérations des médecins avec l’Assurance maladie. La recommandation elle-même ne fixe pas le nombre de patients.

Dans le développement du rapport, la Cour indique qu’un seuil de 500 patients pourrait être envisagé. Ce nombre n’est donc pas une obligation en vigueur. Il n’est pas non plus présenté comme une règle uniforme pour tous les médecins, quels que soient leur métier et leur lieu d’exercice. [1]

Pour apprécier la marge possible, la Cour distingue, dans ses données de 2024, 8 553 généralistes libéraux peu ou pas médecins traitants. Ce groupe comprend 1 661 médecins sans patient les déclarant comme médecin traitant et 6 892 ayant vu, dans l’année, moins de 200 patients de leur patientèle médecin traitant âgés de plus de 16 ans. Ces effectifs portent sur des praticiens ayant réalisé au moins 200 actes cliniques libéraux dans l’année, y compris en activité mixte libérale et salariée. [1]

Ces catégories décrivent une activité, pas le nombre de médecins refusant tous les nouveaux patients. Un praticien peut réaliser beaucoup de consultations ponctuelles et suivre peu de personnes comme médecin traitant. À l’inverse, les généralistes salariés des hôpitaux remplissent d’autres missions et n’ont pas vocation, selon la Cour, à constituer cette réserve de médecins traitants.

Un minimum à adapter au temps et aux besoins des patients

Suivre 500 personnes ne représente pas la même charge selon le cabinet. Un médecin à temps partiel, un praticien récemment installé et un confrère suivant de nombreux patients âgés ou atteints d’une affection de longue durée, c’est-à-dire une maladie nécessitant des soins prolongés, ne disposent pas des mêmes conditions pour agrandir leur patientèle.

La Cour avertit qu’un seuil uniforme pourrait être contre-productif. Elle propose de tenir compte du mode d’exercice, du temps de travail, de l’ancienneté d’installation et des besoins de la patientèle, notamment lorsqu’elle est âgée, en affection de longue durée ou précaire. Les missions universitaires et territoriales devraient aussi entrer dans cette modulation. [1]

La répartition géographique pose une autre limite. Dans l’annexe du rapport, 75 % des généralistes peu ou pas médecins traitants exercent dans de grands centres urbains. Accroître leur patientèle ne répondrait donc pas automatiquement aux difficultés de chaque territoire sous-doté. Les places supplémentaires devraient aussi être accessibles là où les patients en ont besoin. [1]

La Cour estime un potentiel national de 2,5 à 4 millions de patients supplémentaires si les 8 553 médecins concernés ajoutaient chacun 300 à 500 patients suivis comme médecin traitant. C’est une estimation conditionnelle, pas un nombre de rendez-vous disponibles : elle dépend de la capacité de ces cabinets à élargir leur suivi et ne garantit pas un médecin près de chez vous. [1]

Médecin traitant : 500 patients envisagés pour les généralistes libéraux installés, seuil à adapter aux conditions et suivi à organiser, proposition non en vigueur
La modulation envisagée tient aussi compte du mode d’exercice, des missions universitaires ou territoriales et des besoins des patients âgés, en affection de longue durée ou précaires. [1]

Les autres leviers pour rendre ce suivi possible

Augmenter le nombre de patients exige aussi de dégager du temps. Le rapport insiste sur les moyens qui permettent de préparer les consultations, de partager les informations utiles et de garder le contact avec la patientèle. Il recommande notamment de mieux soutenir ces tâches, dont une partie se déroule hors du face-à-face médical.

  • Des assistants médicaux peuvent seconder les médecins dans leurs tâches quotidiennes. La Cour relève une amélioration de leur disponibilité, mais un déploiement encore limité.
  • Des outils numériques adaptés doivent faciliter l’accès aux informations pertinentes et le suivi de la patientèle, plutôt que multiplier les documents difficiles à exploiter.
  • Une coordination organisée entre professionnels et avec les établissements de santé peut soutenir la continuité des soins. Partager des locaux ne suffit pas : l’exercice coordonné repose sur un projet commun.
  • Une rémunération qui valorise le suivi permettrait de mieux reconnaître la prévention et le travail au long cours. La Cour recommande d’accroître la part forfaitaire dans les prochaines négociations, sans annoncer la suppression du paiement à l’acte.

Ces leviers figurent aux côtés du seuil minimal dans le rapport. Ils répondent à la même question : comment suivre davantage de personnes sans réduire la qualité du temps consacré à chacune ? Pour une personne âgée, les besoins de mobilité, les traitements ou les changements du quotidien peuvent demander des échanges répétés avec plusieurs professionnels. [1]

Le point décisif sera donc autant l’organisation du suivi que le seuil retenu. Pour les patients sans médecin traitant, cette proposition ouvre une discussion sur la contribution des cabinets, mais ne leur attribue pas aujourd’hui un praticien. Son intérêt devra se juger sur des consultations accessibles et un suivi qui tient dans la durée, pas seulement sur davantage de noms enregistrés.

Sources et références
  1. Cour des comptes. Le dispositif du médecin traitant. Une ambition partagée à mieux soutenir. Septembre 2026, rendu public le 30 septembre 2026.
    https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2026-09/20260930-Dispositif-du-medecin-traitant.pdf

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