La campagne belge de vaccination contre la grippe doit débuter à la mi-octobre 2026. Pour cet hiver, le Conseil supérieur de la Santé (CSS) privilégie un vaccin à haute dose ou un vaccin adjuvanté chez les personnes de 65 ans et plus. Mais être plus jeune et vivre avec une maladie chronique ne conduit pas automatiquement au même choix.[3][1]
Vous préparez votre vaccination, ou celle d’un proche ? Le premier repère est de savoir pourquoi elle est recommandée dans votre situation. Le second est de choisir la formulation adaptée. L’âge, le risque médical et l’autorisation du produit interviennent ensemble, sans se confondre.
À partir de 65 ans, une préférence pour deux types de vaccins
Avec l’âge, le système immunitaire change et répond moins bien à certaines stimulations. Ce vieillissement, appelé immunosénescence, peut diminuer la réponse au vaccin contre la grippe. Les formulations renforcées cherchent à améliorer cette réponse : la haute dose apporte davantage d’antigène, la substance que les défenses reconnaissent ; le vaccin adjuvanté contient un composant qui stimule la réponse immunitaire.[1]
Le CSS préfère ces formulations dès 65 ans, avec ou sans autre facteur de risque. Sa recommandation est plus forte pour les personnes de 75 ans et plus et les résidents d’établissements de soins de longue durée âgés d’au moins 65 ans. La fragilité, les maladies associées et la vie en collectivité comptent dans cette priorité.[1]
Cette préférence laisse une place au vaccin habituel : si les vaccins renforcés ne sont pas disponibles, la dose standard reste acceptable et il ne faut pas retarder la vaccination. Le choix tient aussi compte de la situation de la personne et des produits accessibles. Il ne se résume donc pas à demander la dose la plus élevée.
Lorsque plusieurs maladies et traitements se cumulent chez un proche âgé, la discussion s’inscrit dans son parcours de soins. Notre dossier sur la différence entre gériatrie et gérontologie explique le rôle du soin médical des aînés, distinct de l’étude plus large du vieillissement.
Avant 65 ans, une maladie chronique rend la vaccination prioritaire, pas la haute dose automatique
Une maladie chronique peut augmenter le risque de forme grave ou de complications de la grippe, même quand on est loin de l’âge de la retraite. Les groupes ciblés comprennent notamment les personnes atteintes de certaines maladies pulmonaires, cardiaques, rénales ou métaboliques, dont le diabète, ainsi que celles dont l’immunité est diminuée. Une maladie stabilisée peut aussi entrer dans ces recommandations.[4]
Pour les moins de 65 ans à risque, le vaccin à dose standard non adjuvanté reste la recommandation de base. Le CSS permet d’envisager un vaccin adjuvanté chez certains adultes de 50 à 64 ans à risque. Il évoque aussi cette possibilité pour les personnes immunodéprimées de 18 à 64 ans, mais Fluad n’est autorisé qu’à partir de 50 ans : en dessous de cet âge, cette option sort du cadre de son autorisation et demande une évaluation médicale spécifique.[2]
L’insuffisance rénale chronique fait l’objet d’une distinction supplémentaire. Dès 65 ans, le CSS préfère la haute dose. Entre 50 et 64 ans, il propose de l’envisager au cas par cas, à partir de résultats obtenus chez des personnes plus âgées. Cette possibilité ne s’étend pas à toutes les maladies chroniques ; Efluelda étant autorisé dès 60 ans, son utilisation entre 50 et 59 ans serait elle aussi hors autorisation.[1]
La grossesse illustre bien la différence entre priorité et formulation : la vaccination est recommandée pendant la grossesse, quel que soit le trimestre, avec un vaccin à dose standard. Les soignants sont également prioritaires pour la vaccination, sans recommandation générale de haute dose du seul fait de leur métier.[2]
50, 60 ou 65 ans : les seuils ne répondent pas à la même question
L’autorisation de mise sur le marché, ou AMM, fixe notamment les âges auxquels un produit peut être utilisé dans son cadre autorisé. Pour la campagne belge 2026–2027, l’AFMPS indique Fluad, adjuvanté, à partir de 50 ans et Efluelda, à haute dose, à partir de 60 ans.[3]
La recommandation clinique pose une autre question : quelle formulation privilégier pour une population donnée ? Son repère général de 65 ans pour les vaccins renforcés ne signifie donc pas que Fluad commence à être autorisé à 65 ans. Inversement, son autorisation dès 50 ans n’en fait pas le premier choix systématique pour tous les quinquagénaires.
Le remboursement constitue un troisième niveau. L’INAMI prévoit une prise en charge partielle de Fluad et d’Efluelda à partir de 65 ans, sous ses conditions. Être dans la tranche d’âge autorisée pour le produit ne suffit pas à ouvrir ce droit. Pour une option renforcée envisagée avant 65 ans, le coût et la prise en charge doivent donc être vérifiés avec le professionnel.[5]

Préparer le choix avec le professionnel qui vous suit
Avant le rendez-vous, rassemblez votre âge, les maladies pour lesquelles vous êtes suivi et votre liste de traitements. Signalez notamment une grossesse, une insuffisance rénale ou un traitement qui diminue les défenses immunitaires. Ces informations permettent au médecin ou au pharmacien d’examiner la recommandation qui vous concerne, plutôt que de s’arrêter au mot « renforcé ».
Vous pouvez poser trois questions simples : quelle formulation est recommandée dans ma situation, est-elle autorisée à mon âge et quelles sont les conditions de prise en charge ? Pour un proche vivant en établissement, demandez aussi à l’équipe qui organise sa vaccination quel produit est prévu. Le CBIP rappelle que le bénéfice clinique attendu, le coût et les préférences du patient participent au choix.[6]
Pour cet hiver en Belgique, retenez donc la préférence pour un vaccin renforcé dès 65 ans, et un choix fondé sur le risque médical avant cet âge. Faites préciser la formulation adaptée à votre situation ; si le vaccin renforcé n’est pas disponible, discutez de l’alternative standard sans repousser votre vaccination.
Sources et références
[1] Conseil supérieur de la Santé — Avis 9897, Vaccination against Seasonal Influenza 2026–2027, version du 1er avril 2026 — https://www.hgr-css.be/file/download/0a576851-30a0-40c7-88f4-108a4d656a05/UZUaO3BjGv7e5br2IbwMS3k2EmqNYPMjjKXdMJBdwxs3d.pdf
[2] Conseil supérieur de la Santé — Vaccination contre la grippe saisonnière, saison 2026–2027, tableau actualisé en avril 2026 — https://www.hgr-css.be/fr/avis/9897/vaccination-contre-la-grippe-saisonniere-saison-2026-2027
[3] AFMPS — Campagne de vaccination contre la grippe saisonnière 2026–2027, 29 septembre 2026 — https://www.afmps.be/fr/news/campagne_de_vaccination_contre_la_grippe_saisonniere_2026_2027
[4] CBIP — Répertoire, vaccins contre l’influenza, saison 2026–2027 — https://www.cbip.be/fr/chapters/13?frag=21246
[5] INAMI — Remboursement du vaccin contre la grippe saisonnière, saison 2026–2027 — https://www.inami.fgov.be/fr/themes/soins-de-sante-cout-et-remboursement/les-prestations-de-sante-que-vous-rembourse-votre-mutualite/medicaments/remboursement-d-un-medicament/remboursement-du-vaccin-contre-la-grippe-saisonniere
[6] CBIP — Vaccination antigrippale : un nouvel avis du CSS pour la saison 2026–2027 — https://www.cbip.be/fr/vaccination-antigrippale-un-nouvel-avis-du-css-pour-la-saison-2026-2027/
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