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Cancer de la peau : pourquoi l’Anses demande de changer le travail au soleil, pas seulement de mettre de la crème

L’Anses confirme le lien entre exposition professionnelle aux UV et cancers cutanés. Son alerte du 15 octobre remet au premier plan les horaires, les tâches et les protections collectives, au-delà des seuls équipements individuels.

Par Relu par Antoine BOUQUET
Des travailleurs sous un ombrage collectif dans une illustration de chantier extérieur.

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Un chapeau, des vêtements couvrants et de la crème solaire ont leur place dans la prévention. Mais lorsque le travail impose de rester dehors, la protection ne peut pas se résumer à demander à chacun de mieux s’équiper. C’est le déplacement majeur porté par l’expertise sur les UV professionnels rendue publique par l’Anses le 15 octobre 2026 : l’organisation du travail fait partie de la protection contre les cancers de la peau. [1]

Le risque ne dépend pas seulement de ce que porte le salarié

L’Agence nationale de sécurité sanitaire conclut à un lien causal avéré entre exposition professionnelle aux ultraviolets et survenue de trois cancers cutanés : carcinomes basocellulaires, carcinomes épidermoïdes et mélanomes. Les UV peuvent être solaires ou provenir de sources artificielles utilisées au travail. Le risque ne relève donc pas uniquement de comportements de loisirs transposés dans l’entreprise. [1, 2]

Pour les activités extérieures, la durée, les horaires et l’environnement comptent. L’eau, le sable et la neige réfléchissent le rayonnement ; l’altitude peut aussi augmenter l’exposition. À l’inverse, une température fraîche ou du vent peuvent donner une impression rassurante sans renseigner sur les UV reçus.

Cette réalité limite une réponse centrée sur la seule bonne volonté individuelle. Le salarié peut choisir de se couvrir, mais il ne choisit pas nécessairement l’heure d’un chantier, la durée d’un service en terrasse ou la répartition des tâches de la journée.

Commencer par les tâches et leur organisation

L’Anses rappelle que la prévention doit accorder une place importante aux mesures collectives et organisationnelles, dans le respect du principe de priorité fixé par le code du travail. Elle recommande d’évaluer le risque solaire dans le document unique d’évaluation des risques professionnels, le document qui sert à recenser les risques de l’entreprise et à construire les actions adaptées. [1]

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Dans son alerte, deux exemples rendent cette démarche concrète :

  • Reporter des activités lorsque le risque d’exposition est élevé.
  • Limiter le temps passé au soleil en organisant notamment une rotation des postes.

Le rapport recommande également d’adapter les postes et les horaires et d’accompagner les entreprises dans le choix des protections individuelles et collectives. Ce sont des leviers à définir selon les situations, pas une recette horaire universelle valable pour tous les métiers. [2]

Prévention des UV : évaluer les tâches exposées, adapter horaires et postes, compléter par les protections individuelles.
L’Anses recommande de combiner évaluation, organisation et protections adaptées.

La question utile devient alors : quelles périodes et quelles tâches exposent, et qu’est-il possible de changer dans le fonctionnement du travail ? Fournir un équipement reste nécessaire dans de nombreuses situations, mais ne répond pas à lui seul à cette question d’organisation.

Les équipements complètent cette démarche, ils ne l’effacent pas

Chapeau, vêtements couvrants, lunettes et protection solaire font partie des mesures individuelles citées par l’agence. Leur place n’est pas remise en cause. L’enjeu est de ne pas leur faire porter toute la prévention alors qu’une partie de l’exposition peut être réduite par des décisions prises en amont. [1]

Le rapport relève plusieurs raisons au faible recours aux protections : chaleur, gêne, oubli ou représentations sociales de la protection solaire. S’en tenir au reproche adressé à celui qui ne les porte pas fait perdre de vue ces conditions d’usage. Une prévention praticable doit aussi tenir compte du poste et des contraintes réelles. [2]

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Les métiers concernés ne se limitent pas à ceux que l’on imagine spontanément « au soleil ». L’Anses cite aussi le service en terrasse et la surveillance d’enfants en récréation, avec des sorties non continues. Le fait d’alterner intérieur et extérieur n’écarte pas le sujet.

Un chapeau, des vêtements de travail et des lunettes sur un établi.
Les équipements individuels complètent une prévention qui porte aussi sur les tâches.

Repérer les atteintes sans attendre que la prévention ait tout réglé

Réduire l’exposition et repérer une lésion répondent à deux besoins différents. L’Anses recommande de former les médecins du travail aux examens dermatologiques et de systématiser l’examen cutané lors des visites. Elle demande aussi un meilleur accès aux soins dermatologiques pour réduire les retards de diagnostic. Ce sont les évolutions souhaitées par l’agence, pas l’annonce d’un nouveau programme déjà appliqué dans toutes les entreprises. [1]

L’expertise soutient enfin la création d’un tableau de maladie professionnelle pour les cancers cutanés liés aux UV. Un tel tableau faciliterait les démarches de reconnaissance et d’indemnisation. Sa création reste une décision à prendre par l’État : le lien causal établi par l’expertise ne vaut pas, à lui seul, ouverture automatique de droits pour chaque situation individuelle. [1, 2]

Sources et références

[1] Anses, Cancers de la peau : mieux prendre en compte l’exposition professionnelle aux UV, 15 octobre 2026.
https://www.anses.fr/fr/actualite/cancers-peau-mieux-prendre-compte-lexposition-professionnelle-aux-uv

[2] Anses, Avis et rapport d’expertise sur les cancers de la peau en lien avec l’exposition professionnelle aux rayons UV, saisine 2024-SA-0109, version de mars 2026, passages relatifs aux conclusions et recommandations.
https://www.anses.fr/system/files/MALADIESPRO-2024-SA-0109-RA.pdf

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