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Rééducation après un AVC chez la personne âgée, en pratique

Par Relu par Antoine BOUQUET
Un kinésithérapeute aide un patient âgé à marcher entre des barres parallèles dans un centre de rééducation.

Chez la personne âgée, la rééducation après un AVC commence vite, souvent dès les premiers jours à l’hôpital. Entre le service, la maison et les séances, on s’y perd.

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Les premières évaluations ont lieu dans les 24 heures suivant l’admission en unité neurovasculaire, et elles guident la suite du parcours.

Cette évaluation permet de repérer les obstacles avant le retour et d’adapter le domicile.

Ces aides réduisent le risque de chute et favorisent l’autonomie au quotidien.

Chaque professionnel intervient sur des difficultés différentes : marche, gestes du quotidien, parole et déglutition.

Elle résume la situation médicale, les traitements et les suites prévues.

Elle permet de refaire le point sur les séquelles, les limitations et les besoins de la personne.

Mieux vaut ne pas reproduire seul un exercice trouvé sur Internet, surtout en cas de troubles de l’équilibre.

Les proches ont aussi besoin de repos et de soutien pour tenir sur la durée.

Je vous explique le parcours, qui fait quoi et ce qui aide à retrouver l’autonomie.

Rééducation après un AVC chez la personne âgée : l’hôpital organise le parcours

L’âge seul ne ferme aucune porte, les premières évaluations ont lieu dans les 24 heures

Vous avez 80, 90 ans ou davantage ? L’âge, à lui seul, ne suffit pas à écarter une admission en unité neurovasculaire. L’équipe évalue aussi les séquelles, l’état général et le cadre de vie pour adapter la prise en charge.

Là-bas, l’équipe surveille l’état neurologique. Elle cherche la cause de l’AVC et dépiste les troubles de la déglutition. Elle coordonne aussi les premiers soins. Elle évalue ce qui coince : bouger, parler, avaler, comprendre ou rester attentif.

Les soignants ne regardent pas seulement l’âge. Ils prennent en compte :

  • Les séquelles motrices, comme une faiblesse du bras, de la jambe ou d’un côté du corps.
  • Les capacités d’avant l’AVC, notamment la marche, la toilette, les repas et la prise des médicaments.
  • L’état général, avec la fatigue, les douleurs, les soucis cardiaques, la vue ou les autres maladies.
  • Le cadre de vie, c’est-à-dire un logement avec ou sans ascenseur, la présence d’un proche et les aides déjà en place.

Les premières séances commencent tôt

Les premières évaluations de kinésithérapie et d’orthophonie sont visées dans les 24 heures suivant l’admission en unité neurovasculaire. Dans un autre service, elles doivent avoir lieu le plus vite possible.

Pour autant, la rééducation ne va pas au même rythme pour tout le monde. L’équipe vérifie d’abord que l’état médical permet de mobiliser la personne. Puis elle choisit des exercices courts, progressifs et surveillés. Un effort trop intense peut épuiser un patient fragile.

Ces premières séances servent déjà à :

  • Changer de position dans le lit, pour limiter les raideurs et les complications de l’immobilité.
  • S’asseoir puis se relever, avec l’aide d’un professionnel et parfois d’un proche formé.
  • Passer du lit au fauteuil, première étape vers plus d’indépendance.
  • Travailler l’équilibre, même quelques secondes, avant d’envisager les déplacements.
  • Tester la déglutition, c’est-à-dire la capacité à avaler sans que les aliments ou les liquides partent dans les voies respiratoires.

Une prise en charge plus intensive suit quand l’état de santé le permet. Les recommandations retiennent des séances d’au moins 45 minutes par jour et par type de rééducation. Elles ont lieu cinq à sept jours par semaine, adaptées aux capacités et à la fatigue.

La sortie dépend des soins nécessaires, du logement et de l’aide disponible

Faut-il savoir marcher seul pour rentrer chez soi ? Pas forcément. Le lieu de sortie dépend de la quantité de soins nécessaire, de la distance à parcourir, du logement et de son accessibilité, ainsi que de l’aide disponible autour de vous.

Avant la sortie, l’équipe peut organiser :

  • Une évaluation du logement, pour repérer les escaliers, les tapis, la salle de bains et les passages trop étroits.
  • Du matériel adapté, comme un déambulateur, une canne, un siège de douche ou une téléalarme, selon les difficultés observées.
  • Des séances de rééducation, au cabinet ou à domicile quand cela se justifie.
  • Une hospitalisation de jour, si la personne a besoin de séances rapprochées et d’un plateau technique spécialisé.
  • Des soins infirmiers et une aide à la toilette, quand les gestes quotidiens restent difficiles.
  • Un accompagnement social, notamment pour les démarches auprès du centre communal d’action sociale ou de la Maison départementale des personnes handicapées.

La lettre de liaison remise à la sortie résume la situation médicale, les traitements et les suites prévues. Transmettez-la au médecin traitant et aux professionnels qui poursuivent la rééducation.

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Les rééducations après un AVC ciblent les gestes et l’autonomie

Le kinésithérapeute travaille les déplacements

Le kinésithérapeute travaille les mouvements utiles : se redresser, tenir assis, se lever, transférer le corps et marcher. Il observe aussi l’équilibre, la force, la coordination et la façon dont vous posez le pied. C’est simple : on repart des gestes de base.

Selon les besoins, les séances peuvent inclure :

  • Le renforcement musculaire, pour aider les jambes et le tronc à porter le corps.
  • Le travail de l’équilibre, assis puis debout, avec des appuis de plus en plus réduits.
  • La reprise des transferts, entre le lit, le fauteuil, les toilettes et la chaise.
  • Les exercices de marche, avec une canne, un déambulateur ou une aide humaine si nécessaire.
  • Le travail du bras et de l’épaule, pour limiter les douleurs et faciliter la marche.
  • L’activité physique adaptée, choisie selon les capacités cardiaques, respiratoires et motrices.

Le professionnel montre aussi aux proches les bons gestes. Attention : ne reproduisez pas un geste sans avoir été formé, surtout si la personne vacille ou présente une faiblesse du bras.

L’ergothérapie rapproche les exercices du quotidien

Une femme âgée et une soignante souriantes préparent des légumes ensemble dans une cuisine.
Les exercices réalisés dans la cuisine aident à reprendre des gestes utiles dans l’environnement quotidien.

L’ergothérapeute vous aide à retrouver des gestes utiles chez vous. Il travaille l’habillage, la toilette, les repas, la préparation des médicaments ou les allers-retours dans la cuisine.

Il peut agir sur plusieurs difficultés :

  • La main et le bras, avec des exercices pour atteindre, saisir, déplacer et relâcher un objet.
  • Les troubles cognitifs, comme les difficultés d’attention, de mémoire ou d’organisation.
  • Les stratégies de compensation, par exemple une alarme, une liste, un pilulier adapté ou un carnet de communication.

D’autres professionnels complètent l’équipe. L’orthophoniste s’occupe de la parole, du langage et de la déglutition. Le médecin de médecine physique et de réadaptation coordonne les objectifs quand les séquelles sont lourdes.

La récupération après un AVC peut se poursuivre au-delà de six mois

La durée dépend des séquelles et de l’état général

Il n’existe pas de durée commune à toutes les personnes âgées. Tout dépend de la zone touchée et de l’étendue de l’AVC. Les séquelles, l’état général et la régularité des exercices comptent aussi.

La phase chronique commence au-delà de six mois après l’AVC. À partir de là, les progrès demandent des objectifs plus précis et un suivi organisé.

Le séjour en soins médicaux et de réadaptation peut durer quelques semaines, voire davantage. Tout dépend des capacités et du projet de sortie. L’équipe réévalue régulièrement les objectifs : passer du lit au fauteuil, marcher dans le couloir, s’habiller seul ou gérer les repas.

Une personne âgée récupère parfois moins vite quand elle souffre d’une infection, d’une dénutrition, d’un trouble du sommeil, d’une dépression ou d’une autre maladie. Repérer ces facteurs compte. Les traiter facilite la participation aux exercices.

Au-delà de six mois, la rééducation peut se poursuivre avec des objectifs précis et un suivi organisé, notamment en cas de séquelles motrices ou cognitives.

Le programme peut viser :

  • La marche et l’équilibre, pour réduire le risque de chute et faciliter les sorties.
  • Le membre supérieur, pour mieux utiliser le bras et la main.
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Les soins continuent après le retour à domicile

Une consultation d’évaluation pluriprofessionnelle post-AVC est prévue entre deux et six mois après les symptômes. Elle permet de refaire le point sur les séquelles, les limitations dans les activités et les besoins de la personne.

À domicile, la rééducation peut prendre plusieurs formes :

  • Un hôpital de jour, pour poursuivre une prise en charge intensive sans dormir sur place.
  • Des exercices personnels, uniquement lorsqu’ils ont été expliqués et validés par l’équipe.

Ne reproduisez pas seul un exercice vu sur Internet. C’est risqué, surtout si vous avez des troubles de l’équilibre, une douleur ou une fatigue importante. Demandez à l’équipe quels mouvements sont sûrs et à quelle fréquence les pratiquer.

Une femme âgée plie une serviette bleue tandis qu’une jeune femme l’accompagne, près de piles de linge et d’un panier à linge dans un salon.
Laisser la personne participer à son rythme préserve les occasions de s’exercer, avec des pauses adaptées.

Laissez la personne faire ce qu’elle peut encore accomplir. Tout faire à sa place gagne du temps, mais réduit les occasions de s’entraîner. Prévoyez aussi des temps de repos, et demandez du relais quand la charge devient trop lourde.

Le choix des rééducations dépend des séquelles et du lieu de vie

Les méthodes motrices s’adaptent au profil

Il n’existe pas de méthode unique pour toutes les personnes âgées après un AVC. Les professionnels combinent les approches. Ils tiennent compte du mouvement recherché, de la fatigue, des douleurs, de la compréhension des consignes et de vos objectifs de vie.

Une personne portant une botte orthopédique avance avec une canne et un déambulateur dans un logement, près d’une salle de bains équipée de barres d’appui.
Les aides techniques sont choisies selon les besoins et le lieu de vie pour soutenir les déplacements.

Une canne, un déambulateur, une orthèse ou des barres d’appui vous permettent de bouger davantage. Ils réduisent aussi le risque de chute. Le but est de soutenir votre autonomie, pas de supprimer toute aide.

Pour les troubles cognitifs, la rééducation travaille l’attention, la mémoire et l’organisation. Elle peut aussi s’appuyer sur des stratégies de compensation, comme une alarme ou un agenda pour ne pas oublier les rendez-vous.

Plusieurs solutions existent après l’hospitalisation

Le choix du lieu dépend de plusieurs éléments :

  • la quantité de soins nécessaire
  • la distance à parcourir
  • le logement et son accessibilité
  • l’aide disponible autour de vous

Une personne très dépendante peut avoir besoin d’un SMR spécialisé dans les affections du système nerveux. Une autre poursuivra ses séances en ville.

L’hôpital de jour offre une prise en charge soutenue pendant la journée. Cette formule permet de vérifier les progrès dans votre cadre de vie. Elle permet aussi d’ajuster les aides si besoin.

Sources

  • Haute Autorité de santé, Parcours de santé, Accident vasculaire cérébral de l’adulte
  • Haute Autorité de santé, Accident vasculaire cérébral, organiser votre retour à domicile
  • Haute Autorité de santé, Rééducation à la phase chronique d’un AVC de l’adulte
  • Ministère chargé de la Santé, La prise en charge des AVC

Si votre proche rentre à la maison, pensez à la consultation d’évaluation pluriprofessionnelle post-AVC, prévue entre deux et six mois après les symptômes. C’est le moment de refaire le point sur les séquelles, les limitations et les besoins de la personne.

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