Prendre soin de son cœur passe par les habitudes de tous les jours. Mais si une personne s’effondre près de vous, c’est une autre préparation qui compte : savoir appeler les secours, commencer un massage cardiaque et utiliser un défibrillateur. La Fédération française de cardiologie réunit ces deux sujets dans son Secours Tour 2026, une tournée gratuite de prévention et d’initiation aux gestes qui sauvent.
Une même tournée, deux façons de protéger le cœur
Le Secours Tour 2026 prévoit soixante étapes dans plusieurs régions françaises, d’avril à octobre. Dans son véhicule itinérant, cardiologues, infirmiers, bénévoles et étudiants en santé doivent accueillir le public pour des mesures de tension, de glycémie et de cholestérol, des conseils personnalisés et des ateliers pratiques de premiers secours.
La Fédération française de cardiologie précise que ces rencontres sont gratuites. [1]
Le rapprochement est utile : réduire son risque et savoir agir pour un proche concernent le même organe, mais ne répondent pas à la même situation. Un bilan aide à repérer ce qui mérite un suivi. Une initiation aux premiers secours vous prépare à intervenir quand chaque minute compte.
Pour la prévention, certains leviers se travaillent dans la durée : arrêter le tabac, bouger davantage, adopter une alimentation équilibrée ou prendre en charge une hypertension, un diabète et un excès de cholestérol. L’Assurance maladie rappelle que ces facteurs de risque sont modifiables, contrairement à l’âge ou aux antécédents familiaux. Leur prise en charge se discute avec votre médecin. [2]
Repérer l’arrêt cardiaque : la personne ne répond pas et ne respire pas normalement
Le premier repère est simple : la personne ne répond pas et ne respire pas normalement. Des respirations rares et irrégulières ne doivent pas vous rassurer. Les recommandations nationales de premiers secours prévoient alors de donner l’alerte, de commencer la réanimation et d’utiliser un défibrillateur dès qu’il est disponible. [3]
Vérifiez d’abord que l’endroit est sûr pour vous et pour la personne. Pour vérifier la respiration chez un adulte qui ne répond pas, allongez-le sur le dos, puis basculez doucement sa tête vers l’arrière et relevez son menton. Regardez si sa poitrine et son ventre se soulèvent, écoutez et cherchez à sentir un souffle, pendant dix secondes au plus. [3]
Vous n’avez pas besoin de connaître l’histoire médicale de la personne pour appeler. Le professionnel au téléphone peut vous guider. Si d’autres témoins sont présents, répartissez les tâches : l’un donne l’alerte et apporte le défibrillateur, pendant que l’autre commence le massage.
Arrêt cardiaque chez l’adulte : appeler, masser, défibriller
Donnez l’alerte en appelant le 15 ou le 112. Dites où vous êtes, décrivez ce que vous observez et suivez les consignes de l’opérateur. Si vous avez un téléphone portable, activez le haut-parleur pour commencer les gestes pendant l’appel. La Fédération française de cardiologie insiste sur la nécessité de ne pas raccrocher avant qu’il vous le demande. [4]
Pour le massage chez l’adulte, commencez les compressions au centre de la poitrine. La personne est allongée sur le dos : privilégiez un plan dur, sans retarder le début des compressions. Les bras tendus, appuyez avec le talon des mains, l’une sur l’autre, puis laissez la poitrine remonter entre deux compressions. Pour un adulte, les recommandations nationales indiquent une fréquence de 100 à 120 compressions par minute et une profondeur d’environ 5 cm, sans dépasser 6 cm.
Chez l’adulte, si vous êtes formé aux insufflations, alternez 30 compressions et 2 insufflations. Si vous ne pouvez pas les réaliser, poursuivez les compressions thoraciques en continu. [3]
Utilisez le défibrillateur dès qu’il est à portée de main. Allumez-le et suivez ses instructions vocales. L’appareil analyse le rythme cardiaque et ne propose un choc que si ce rythme le justifie. Personne ne doit toucher la victime pendant l’analyse ni pendant le choc.
Après la délivrance d’un choc, ou si l’appareil n’en délivre pas, reprenez immédiatement les compressions, sans attendre un nouveau message. Continuez jusqu’au relais des secours, sauf si la personne reprend une respiration normale ou si le défibrillateur demande une interruption. [3]

Pourquoi le geste d’un témoin peut changer la suite
Dans une analyse publiée en 2026, des chercheurs ont regroupé soixante-douze études sur les arrêts cardiaques survenus hors de l’hôpital. Les personnes ayant reçu une réanimation par un témoin avaient de meilleures chances de survie à la sortie de l’hôpital et à trente jours que celles qui n’en avaient pas reçu. [5]
Ces études étaient observationnelles : elles décrivent ce qui s’est passé dans la vie réelle, sans attribuer les interventions par tirage au sort. Les résultats variaient fortement entre les études et selon les continents. Le point commun reste une association favorable entre l’intervention d’un témoin et la survie.
Pour se préparer, le plus concret reste de pratiquer les gestes lors d’une formation. Une autre synthèse scientifique, publiée en 2020, associait les programmes de mobilisation du public à davantage de réanimations par les témoins et à une meilleure survie. Mais plusieurs programmes combinaient formation, sensibilisation et organisation des secours : on ne peut pas isoler l’effet d’une seule initiation. [6]
Un petit repérage à faire dès maintenant
Vous pouvez vérifier où se trouve le défibrillateur dans les lieux que vous fréquentez : votre travail, un équipement sportif, une salle municipale. Regardez aussi les horaires d’accès. Le jour d’une urgence, savoir où chercher évite de découvrir sur place que l’appareil se trouve derrière une porte fermée.
La tournée de la Fédération française de cardiologie est une occasion de faire le point sur votre santé et d’essayer les gestes. Une formation aux premiers secours permet ensuite de les travailler plus longuement. Dans les deux cas, vous repartez avec une préparation utile : des habitudes à ajuster pour votre cœur et des actions à entreprendre si quelqu’un s’effondre près de vous.
Sources et références
- Fédération française de cardiologie. La Fédération Française de Cardiologie prend la route pour prendre soin de votre cœur.
https://www.fedecardio.org/publications/la-federation-francaise-de-cardiologie-prend-la-route-pour-prendre-soin-de-votre-coeur/ - Assurance maladie. Comment réduire le risque cardiovasculaire ?.
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/risque-cardiovasculaire/reduire-risque-cardiovasculaire - Ministère de l’Intérieur — Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises. Références techniques nationales Premiers Secours Citoyen, juillet 2026, arrêt cardiaque, compressions thoraciques et défibrillation (p. 26–35).
https://www.securite-civile.interieur.gouv.fr/sites/securitecivile/files/medias/documents/2026-07/References-techniques-nationales-PSC_juillet-2026.pdf - Fédération française de cardiologie. Appelez le 15, massez, défibrillez !.
https://www.fedecardio.org/je-m-informe/appelez-le-15-massez-defibrillez/ - Zhiyu Leng et coll. Effect of Bystander CPR on Survival After Out-of-Hospital Cardiac Arrest: A Systematic Review and Meta-Analysis. Shock (Augusta, Ga.), 2026. DOI : 10.1097/SHK.0000000000002812.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41697227/ - Yang Yu et coll. Assessment of Community Interventions for Bystander Cardiopulmonary Resuscitation in Out-of-Hospital Cardiac Arrest: A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA network open, 2020. DOI : 10.1001/jamanetworkopen.2020.9256.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32609351/
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