Le passage aux protections menstruelles réutilisables séduit de plus en plus de femmes, et deux dispositifs dominent désormais le marché : la coupe menstruelle (ou cup) et le disque menstruel. Bien qu'ils partagent un objectif commun, collecter le flux menstruel plutôt que l'absorber, ces deux protections ne se ressemblent pas. Elles n'occupent pas le même espace anatomique, ne fonctionnent pas avec le même mécanisme et ne répondent pas aux mêmes besoins.
Disque menstruel ou cup menstruelle : le résumé
La cup menstruelle est un choix fiable et accessible, idéal pour débuter avec les protections internes réutilisables. Le disque menstruel offre un confort supérieur, une capacité plus importante et des fonctionnalités exclusives (rapports sexuels, auto-vidage), mais demande un temps d’adaptation plus long.
Recommandation rapide selon votre profil :
- Flux abondant ou ménorragies : privilégiez le disque menstruel (capacité jusqu’à 80 ml).
- Première protection interne réutilisable : commencez par la cup menstruelle (insertion plus intuitive).
- Porteuse de stérilet (DIU) : le disque menstruel est plus sûr (absence de succion).
- Rapports sexuels pendant les règles : seul le disque menstruel le permet.
- Vessie sensible ou crampes importantes : le disque menstruel exerce moins de pression.
- Sport à haute intensité avec sauts : la cup menstruelle offre un maintien plus stable.
- Utérus rétroversé : la cup menstruelle est souvent plus fiable dans cette configuration.
Tableau comparatif : disque menstruel vs cup menstruelle
| Critère | Cup menstruelle | Disque menstruel |
|---|---|---|
| Positionnement | Canal vaginal (partie basse) | Fornix vaginal (partie haute, derrière l’os pubien) |
| Mécanisme de maintien | Succion (effet ventouse) | Tension mécanique (calé derrière l’os pubien) |
| Capacité | 20 à 35 ml | 50 à 80 ml |
| Durée de vie | 5 à 10 ans | 2 à 5 ans |
| Prix moyen | 15 à 30 € | 35 à 50 € (souvent vendu en pack de 2 tailles) |
| Rapports sexuels | Impossible (doit être retiré) | Compatible (se situe au-dessus du canal vaginal) |
| Auto-vidage | Non | Oui (contraction pelvienne sur les toilettes) |
| Compatibilité stérilet (DIU) | Risque modéré de déplacement | Risque faible (pas de succion) |
| Confort vésical | Pression possible sur la vessie | Très peu de pression ressentie |
| Retrait | Relativement propre (tige de préhension) | Plus salissant (forme plate, sang qui déborde) |
| Courbe d’apprentissage | Modérée | Plus exigeante |
| Durée de port maximale | 8 à 12 heures | 6 à 8 heures |
Comment fonctionnent ces deux protections ?
La cup menstruelle : le principe de la succion
La coupe menstruelle est un petit récipient en silicone médical qui s’insère dans le canal vaginal, dans sa partie basse. Une fois en place, le rebord de la cup crée un effet de succion contre les parois vaginales. Cette pression négative maintient le dispositif en position et empêche les fuites. C’est ce même effet ventouse qui génère la sensation de maintien ferme que décrivent la plupart des utilisatrices.
Pour le retrait, il est indispensable de pincer la base de la cup afin de rompre le vide d’air avant de tirer sur la tige. Ne pas respecter cette étape peut provoquer un inconfort ou, chez les porteuses de stérilet, un risque de déplacement du dispositif intra-utérin.
Le disque menstruel : la tension mécanique dans le fornix
Le disque menstruel fonctionne différemment. Il se place beaucoup plus haut, dans le fornix vaginal (l’espace le plus large situé autour du col de l’utérus). Le disque vient se caler entre le fornix postérieur et l’os pubien, maintenu par une simple tension mécanique structurelle, sans aucune succion.
Cette différence de positionnement a une conséquence directe sur le confort : le fornix vaginal possède très peu de terminaisons nerveuses par rapport au canal vaginal inférieur. Résultat : de nombreuses utilisatrices décrivent le disque comme totalement imperceptible une fois en place.
Capacité et gestion du flux
C’est l’un des arguments les plus marquants en faveur du disque menstruel. Là où une cup standard contient entre 20 et 35 ml, certains disques comme le disque Cup&Co ou le Nixit peuvent recueillir jusqu’à 70, voire 80 ml de flux. Une étude menée par l’université de Portland a confirmé une absorption réelle moyenne de 61 ml pour le disque menstruel, ce qui en fait la protection la plus efficace pour les personnes souffrant de ménorragies (règles abondantes).
Pour les femmes dont le flux nécessite de changer de tampon toutes les deux heures, le disque représente un gain de tranquillité considérable. Sa capacité permet d’espacer les manipulations et de tenir confortablement une demi-journée, voire une journée entière les jours de flux modéré.
L’auto-vidage : l’atout exclusif du disque menstruel
L’auto-vidage (ou « autodumping ») est une fonctionnalité propre au disque menstruel. Lorsque vous vous asseyez sur les toilettes et exercez une légère contraction de vos muscles pelviens, l’angle du disque par rapport à l’os pubien se modifie. Le sang s’écoule alors naturellement dans la cuvette, sans que le dispositif ne soit retiré.
En pratique, cette fonctionnalité est particulièrement appréciée au bureau ou dans les lieux publics, où l’accès à un lavabo privé est limité. Sur les forums spécialisés comme Reddit, de nombreuses utilisatrices le décrivent comme une véritable révolution dans la gestion de leurs règles au quotidien.
Toutefois, cette mécanique a ses limites. Si le disque est trop petit par rapport à votre anatomie, ou si le plancher pelvien est relâché (post-partum, par exemple), l’auto-vidage peut devenir intempestif : un éternuement, un fou rire ou un effort physique peuvent le déclencher de manière imprévue. C’est l’une des plaintes les plus récurrentes chez les utilisatrices déçues.
Confort et sensations au quotidien
Pression sur la vessie : la cup, en raison de son positionnement dans le canal vaginal et de sa succion, peut exercer une pression sur la vessie. Certaines utilisatrices signalent une envie d’uriner plus fréquente ou une sensation de gêne. Le disque, positionné plus haut et sans succion, ne génère généralement pas ce type d’inconfort.
Crampes menstruelles : plusieurs témoignages sur les forums spécialisés rapportent que la succion de la cup peut accentuer les douleurs de règles chez certaines femmes. Le disque, exempt de cet effet ventouse, est souvent décrit comme neutre sur ce plan.
Sensation de présence : grâce à sa position dans le fornix vaginal, zone pauvre en terminaisons nerveuses, le disque se fait oublier. La cup, en revanche, reste perceptible pour certaines personnes, notamment celles qui ont un plancher pelvien sensible.
Compatibilité avec le stérilet (DIU)
C’est l’un des motifs de migration les plus fréquents de la cup vers le disque. Le retrait d’une coupe menstruelle, s’il est effectué sans rompre correctement le vide d’air au préalable, peut créer une force de traction suffisante pour déplacer, voire expulser un dispositif intra-utérin (DIU). Plusieurs études gynécologiques documentent ce risque.
Le disque menstruel, en revanche, ne génère aucune succion. Son maintien repose uniquement sur la tension mécanique. Le risque d’interaction avec le stérilet est donc considérablement réduit, ce qui en fait la protection interne la plus sûre pour les porteuses de DIU au cuivre ou hormonal.
Quelle que soit la protection choisie, il est recommandé d’attendre environ trois mois après la pose du stérilet avant d’utiliser une cup ou un disque, le temps que le dispositif se stabilise dans la cavité utérine.
Rapports sexuels pendant les règles
C’est l’un des avantages concurrentiels les plus nets du disque menstruel. Puisqu’il se situe au-dessus du canal vaginal, dans le fornix, il ne bloque pas la pénétration. Il est donc possible d’avoir des rapports sexuels vaginaux tout en portant le disque, ce qui est totalement impossible avec une cup (celle-ci doit impérativement être retirée).
Les retours d’utilisatrices indiquent que le disque est généralement imperceptible pour les deux partenaires pendant l’acte. Seules des pénétrations très profondes peuvent parfois permettre de sentir le rebord du dispositif. Un conseil fréquemment partagé sur les forums : effectuer un auto-vidage juste avant le rapport pour minimiser tout risque de fuite.
Insertion et retrait : la courbe d’apprentissage
Insérer et retirer une cup menstruelle
La cup s’insère en la pliant selon différentes techniques (pli en C, pli punchdown, pli en 7) puis en la laissant se déployer dans le canal vaginal. La plupart des débutantes trouvent le geste relativement intuitif, comparable à celui d’un tampon. Le retrait s’effectue en tirant sur la tige après avoir pincé la base pour libérer la succion. Le processus est globalement propre.
Insérer et retirer un disque menstruel
Le disque s’insère différemment : il faut le pincer pour l’aplatir, puis le pousser horizontalement vers le fond du vagin en direction du coccyx, avant de rentrer le bord avant derrière l’os pubien. Ce geste, plus profond et moins naturel, demande quelques cycles de pratique pour être maîtrisé.
Le retrait est le point faible le plus cité du disque. En raison de sa forme plate et de son positionnement, le sang a tendance à déborder sur les doigts au moment de l’extraction. Les utilisatrices anglophones parlent familièrement de « blood bath ». Pour limiter ce désagrément, plusieurs stratégies sont partagées par la communauté :
- Retirer le disque sous la douche, surtout les premiers cycles.
- Choisir un modèle équipé d’une languette ou d’une tige de retrait (OmyDisc, TheDisk).
- Utiliser un disque avec applicateur (Cup&Co, Omydisc) pour faciliter également l’insertion.
Le cas de l’utérus rétroversé
Environ 20 % des femmes présentent un utérus rétroversé (incliné vers l’arrière). Cette particularité anatomique modifie l’angle d’accès au fornix vaginal et peut rendre le calage du disque derrière l’os pubien plus difficile.
Les témoignages sur ce point sont partagés : certaines femmes avec un utérus rétroversé trouvent que le disque est la seule protection qui ne fuit pas, tandis que d’autres n’arrivent jamais à le positionner correctement. Le succès dépend en grande partie de la fermeté du rebord du disque, un modèle trop souple aura du mal à se maintenir en place.
Dans les cas où le disque reste instable, la cup menstruelle, plus rigide et s’appuyant sur les parois du canal vaginal, offre généralement une meilleure fiabilité.
Durabilité et impact écologique
L’argument environnemental reste l’un des moteurs principaux du passage aux protections réutilisables. Sur ce point, les deux dispositifs offrent des bénéfices considérables par rapport aux tampons et serviettes jetables : une femme utilise en moyenne 11 000 protections jetables au cours de sa vie, soit autant de déchets plastiques et de produits chimiques évités.
En termes de durée de vie, la cup a l’avantage :
- Cup menstruelle : 5 à 10 ans avec un entretien adapté (stérilisation entre chaque cycle).
- Disque menstruel : 2 à 5 ans. Sa membrane centrale, plus fine, s’use plus rapidement.
Rapporté au coût par année d’utilisation, la cup reste donc la solution la plus économique et la plus durable sur le long terme.
Les meilleures marques de disques menstruels en France
Le marché français propose désormais plusieurs marques spécialisées, avec des approches différentes en matière d’ergonomie et d’accompagnement.
| Marque | Point fort | Garantie | Prix moyen |
|---|---|---|---|
| Cup&Co | Applicateur disponible, pack 2 tailles inclus | 90 jours satisfait ou remboursé | 42,90 € |
| OmyDisc | Languette de retrait intégrée, silicone souple | 90 jours satisfait ou remboursé | 42,90 € |
| TheDisk | Disque menstruel le moins cher, tige de retrait | Aucune | 19,90€ |
| Femdisc | Présence historique sur le marché, marketing éducatif | Limitée | 44 à 50 € |
| Nixit | Design sans rebord rigide, confort maximal | Variable | 70 € et plus |
La plupart de ces marques proposent une garantie « satisfait ou remboursé » sur 90 jours (soit environ 3 cycles), reconnaissant que le choix de la bonne taille nécessite une phase d’expérimentation. Les packs comprenant deux tailles sont devenus un standard, car il est impossible de mesurer précisément le fornix vaginal soi-même.
Comment choisir entre le disque et la cup ?
Le choix ne repose pas uniquement sur les caractéristiques techniques. Il doit s’appuyer sur une évaluation honnête de votre anatomie, de vos habitudes et de vos priorités. La première étape consiste à mesurer la hauteur de votre col de l’utérus (avec la phalange, pendant les règles) pour déterminer si votre morphologie est plus compatible avec l’un ou l’autre dispositif.
Privilégiez le disque menstruel si :
- Vous portez un stérilet (DIU) et souhaitez minimiser les risques.
- Vous avez un flux très abondant (ménorragies).
- Vous souhaitez pouvoir avoir des rapports sexuels pendant vos règles.
- Vous ressentez une pression désagréable sur la vessie avec une cup.
- La succion de la cup accentue vos crampes.
- Vous cherchez une protection avec auto-vidage pour les journées longues.
Privilégiez la cup menstruelle si :
- Vous débutez avec les protections internes réutilisables.
- Vous pratiquez des sports à haute intensité impliquant des sauts.
- Vous n’êtes pas à l’aise avec l’idée d’un retrait salissant.
- Vous avez un utérus rétroversé qui rend le calage du disque instable.
- Vous recherchez la solution la plus économique sur le long terme.
- Vous préférez un dispositif avec une durée de vie plus longue (5 à 10 ans).
FAQ : Disque menstruel vs Cup menstruelle
Le disque menstruel peut-il se coincer ?
Non. Le disque ne peut pas se perdre à l’intérieur du corps. Le col de l’utérus empêche tout dispositif de remonter au-delà du fornix vaginal. Si vous avez du mal à le retirer, accroupissez-vous et poussez légèrement avec vos muscles pelviens : le disque descendra naturellement à portée de doigts.
Peut-on dormir avec un disque menstruel ?
Oui. Le disque menstruel peut être porté jusqu’à 12 heures consécutives, y compris la nuit. Sa grande capacité (50 à 80 ml) le rend particulièrement adapté aux nuits longues, même avec un flux abondant.
Le disque menstruel est-il compatible avec le sport ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Le disque reste en place lors des activités physiques courantes (course, natation, yoga, vélo). Cependant, pour les sports impliquant des sauts répétés et des impacts violents (trampoline, crossfit, équitation), la cup offre parfois un maintien plus sûr grâce à sa succion.
Peut-on utiliser un disque menstruel quand on est vierge ?
Techniquement oui, puisque le disque n’a aucun lien avec la virginité. Cependant, l’insertion d’un disque est plus complexe que celle d’un tampon, car elle nécessite d’aller plus loin dans le canal vaginal. Pour une première expérience avec les protections internes, la cup de petite taille est généralement plus accessible.
Comment mesurer la hauteur de son col de l’utérus ?
Pendant vos règles, insérez un doigt propre dans le vagin jusqu’à sentir le col (une petite bosse ferme). Si votre doigt est inséré jusqu’à la première phalange, le col est bas. Jusqu’à la deuxième phalange, il est moyen. Si vous ne le sentez pas ou tout juste au bout du doigt, il est haut. Un col haut est généralement plus compatible avec le disque menstruel.
Le disque menstruel sent-il mauvais ?
Pas plus qu’une cup. Le sang menstruel ne développe une odeur qu’au contact prolongé de l’air. Comme les deux dispositifs collectent le flux de manière hermétique, les odeurs sont minimales si vous respectez les durées de port recommandées (8 à 12 heures maximum). Une stérilisation en début et fin de cycle suffit à éliminer toute trace résiduelle.
Combien de temps peut-on garder un disque menstruel ?
Un disque menstruel peut être porté jusqu’à 12 heures d’affilée. Au-delà de cette durée, le risque de syndrome du choc toxique (SCT) augmente, même s’il reste rare. Il est recommandé de le retirer, le rincer et le réinsérer au moins deux fois par jour.





