Vous aimeriez participer à un rendez-vous autour de la santé mentale, mais raconter votre vie devant un groupe ne vous tente pas forcément. À Nîmes, le programme des Semaines d’information sur la santé mentale, du 7 au 18 octobre 2026, offre aussi des occasions de créer, d’écouter ou de chanter avec d’autres. Le thème de cette édition, « Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts », se décline dans les musées, les bibliothèques et sur les places de la ville.[1]
La première question peut donc être toute simple : quelle activité vous donne envie de venir ? Un coloriage collectif n’engage pas de la même façon qu’un atelier à réserver. Voici plusieurs rendez-vous encore à venir, avec leurs modalités, puis un repère pour comprendre ce que ces lieux peuvent apporter au lien social.
Créer dehors, écouter au musée : les rendez-vous à choisir
Pas besoin de choisir toute la programmation. Vous pouvez repérer une activité et regarder d’abord son horaire, son public et ses conditions d’accès. Ces trois indications évitent de se déplacer pour une séance réservée à un autre groupe.
- Samedi 10 octobre, sur le parvis de la Maison Carrée : de 14 h à 17 h, « L’Éphémère Ensemble », avec l’artiste Nathalie Trovato et l’association Les Mille Couleurs, invite les habitants des quartiers prioritaires et du centre-ville à composer une œuvre en papier découpé. De 17 h à 18 h, « Faire Chœur » réunit plusieurs chorales pour un concert participatif. Les deux rendez-vous sont gratuits et ouverts à tous.
- Mardi 13 octobre, de 18 h 30 à 20 h, à la bibliothèque de l’ESBAN, 10 Grand Rue : la lecture-rencontre « Enquête sensible : créer, résister, prendre soin » explore création et santé mentale avec des textes, des images, des œuvres et des témoignages. L’accès est libre dans la limite des places disponibles.
- Mercredi 14 et vendredi 16 octobre, à 15 h, au CACN, le Centre d’Art Contemporain de Nîmes, 4 place Roger Bastide : les ateliers musicaux et sonores « Visites tout ouïe » proposent de mobiliser l’écoute dans les salles d’exposition. Ils sont gratuits, sur réservation à contact@cacncentredart.com.[1]
Attention à ne pas étendre ces modalités à toutes les activités. La journée « Danse et Mouvement » du 15 octobre est, elle, destinée aux personnes vivant avec un trouble psychique et accompagnées par les structures partenaires, notamment les hôpitaux de jour, les groupes d’entraide mutuelle et les associations. Elle demande une inscription auprès de l’organisateur. Ce n’est donc pas un rendez-vous en accès libre pour tous.
Pour les visites au CACN, la réservation fait partie de la préparation de votre sortie. Pour la rencontre de l’ESBAN, l’entrée dépend des places disponibles. Le programme peut être modifié : avant de partir, retrouvez l’horaire et les modalités du rendez-vous choisi sur nimes.fr ou auprès de son organisateur.

Pourquoi une bibliothèque a aussi sa place dans cette semaine
On peut pousser la porte d’une bibliothèque pour un livre, un jeu ou une rencontre, sans venir parler d’un trouble psychique. Ce point de départ est important : il laisse une place aux personnes qui recherchent simplement un lieu accessible et du contact avec d’autres.
Dans le rapport de janvier 2026 de l’enquête préparatoire au Conseil local de santé mentale nîmois, menée en 2025, les bibliothèques municipales décrivent précisément cette fonction. Leur contribution évoque la lutte contre l’isolement, le lien de proximité dans les quartiers, les actions autour de la lecture avec les familles et l’accueil de groupes accompagnés par des structures de soin. Elle rappelle aussi que les bibliothécaires ne sont pas des thérapeutes.[2]
Le rôle culturel ne s’arrête donc pas au contenu d’un livre. Il tient aussi à la possibilité de revenir dans un lieu public, de prendre part à une activité et d’y trouver sa place. Pour les groupes accueillis avec une structure de soin, ce temps culturel s’inscrit dans un accompagnement plus large. Il ne transforme pas la bibliothèque en cabinet de consultation.
La contribution décrit également des actions visant à redonner confiance aux parents éloignés de la lecture et un accompagnement de personnes en difficulté avec l’écrit. L’inclusion passe ici par des gestes du quotidien : lire avec son enfant, accéder à une information, rejoindre un groupe.
Le lien social et le soin gardent chacun leur cadre
Créer un espace où l’on peut se rencontrer fait partie de la promotion de la santé mentale. À Nîmes, le Conseil local de santé mentale vise à réunir élus, professionnels de la psychiatrie, personnes concernées, proches et acteurs sociaux, éducatifs ou culturels. Ses objectifs comprennent la prévention, l’inclusion, la lutte contre les préjugés et l’amélioration de l’accès aux soins.[3] Son lancement était inscrit au programme du 7 octobre, à l’ouverture des SISM.[1]
Pour votre sortie, gardez une distinction concrète : participer à un atelier n’est pas recevoir un soin. Les rendez-vous présentés ici proposent une activité collective ou une rencontre culturelle, pas un bilan individuel ou un traitement. Vous pouvez avoir envie d’y aller tout en ayant besoin d’un accompagnement professionnel dans un autre cadre.
En cas de détresse ou de pensées suicidaires, le 3114 est gratuit, accessible 24 h sur 24 et 7 jours sur 7 en France, pour vous-même ou si vous vous inquiétez pour quelqu’un.[4] Pour une urgence médicale, appelez le 15 ou le 112.[5] Il n’est pas nécessaire d’attendre un événement culturel pour demander cette aide.
Si votre envie est de découvrir une activité et de partager un moment, choisissez le rendez-vous qui vous correspond : le papier découpé et les chorales le 10 octobre, une lecture-rencontre le 13, ou l’écoute au CACN les 14 et 16. Retenez surtout la modalité propre à chaque lieu. Vous pouvez venir pour créer ou écouter, sans avoir à faire de cette sortie une démarche de soin.
Sources et références
[1] Ville de Nîmes. Le programme de la « Semaine d’information sur la santé mentale ». Édition du 7 au 18 octobre 2026.
https://www.nimes.fr/que-faire-a-nimes/evenements/le-programme-semaine-dinformation-sur-la-sante-mentale
[2] Christian Laval et Pauline Rhenter. Enquête qualitative et collaborative préfigurant un conseil local de santé mentale sur la Ville de Nîmes. Rapport final, tome 2 – Annexes, janvier 2026, contribution des bibliothèques municipales.
https://www.nimes.fr/fileadmin/mediatheque/nimes/mon-quotidien/sante-solidarite-autonomie/sante/sante-mentale/rapport-enquete-CLSM-Nimes-tome-2-annexes.pdf
[3] Ville de Nîmes. Santé mentale. Présentation du Conseil local de santé mentale et de ses objectifs.
https://www.nimes.fr/mon-quotidien/sante-solidarite-et-autonomie/la-sante/les-actions-de-la-ville-en-faveur-de-la-sante/sante-mentale
[4] 3114. Numéro national de prévention du suicide. Présentation et modalités d’accès.
https://3114.fr/
[5] Centre de Santé Étudiante d’Unîmes. Liens et numéros utiles. Urgence médicale : 15 ou 112.
https://sante.unimes.fr/thematiques/liens-et-numeros-utiles/
LA SANTÉ À VOTRE PORTÉE

