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Procès Mercuri à Paris : des séances aux stages payants, la spirale financière décrite par d’anciennes patientes

Le procès d’Antonino Mercuri est annoncé à partir du 12 octobre à Paris. D’anciennes patientes décrivent à Franceinfo des dépenses répétées et des dettes. L’ostéopathe conteste les accusations. Au-delà des tarifs, leurs récits posent la question de la vulnérabilité et du maintien d’un dialogue médical extérieur.

Par Relu par Antoine BOUQUET
Illustration d’Antonino Mercuri derrière une table portant des enveloppes et un livre.

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Une séance, puis une autre, et des stages à payer en plus : les dépenses sont au cœur des récits d’anciens patients d’Antonino Mercuri recueillis par Franceinfo. Le procès de cet ostéopathe est annoncé à compter du lundi 12 octobre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris. Le dossier concerne 51 anciens patients, selon le reportage. Mercuri conteste les accusations et bénéficie de la présomption d’innocence. [1]

Il doit répondre notamment d’abus de faiblesse, d’exercice illégal de la médecine, de blanchiment et de fraude fiscale, rapporte Le Monde. Derrière ces poursuites, une question traverse les témoignages : comment une recherche de soulagement aurait-elle pu devenir une dépense répétée, jusqu’à l’endettement pour certaines personnes ? Les récits des plaignants éclairent cette dimension financière, sans remplacer ce que le tribunal devra établir. [2]

Des séances répétées et des stages dont le coût s’ajoute

Franceinfo décrit des séances devenues plus chères au fil des années, avec un coût moyen de 500 euros, parfois plusieurs fois par semaine. Les stages organisés au Portugal coûtaient plusieurs milliers d’euros, auxquels s’ajoutaient l’hébergement et le transport. Ces dépenses ne correspondent donc pas à un unique rendez-vous dont le prix aurait été connu une fois pour toutes. [1]

Camille, un prénom modifié par Franceinfo, raconte être venue initialement pour des douleurs au dos. Selon son témoignage, d’autres formes de « soins » lui ont ensuite été proposées, notamment à distance. Elle décrit des moments de méditation dont le début était annoncé par téléphone, sans présence du praticien. Elle ne souhaite pas chiffrer la somme qu’elle dit avoir perdue.

Le reportage évoque un préjudice global estimé à 13 millions d’euros. Ce montant n’est ni une indemnisation annoncée ni une somme judiciairement établie. Il ne permet pas non plus de déduire ce que chacun des 51 anciens patients aurait dépensé : les situations individuelles rapportées sont différentes. [1]

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Procès Mercuri : début annoncé le 12 octobre 2026 à Paris, préjudice global estimé à 13 millions d’euros selon Franceinfo, accusations contestées et absence de condamnation établie ici.
Les 13 millions d’euros sont une estimation rapportée par Franceinfo, non un montant fixé par jugement. [1]

La fragilité invoquée par les plaignants, au-delà du niveau de revenu

Eva, dont le prénom a lui aussi été changé par Franceinfo, dit avoir connu des dettes, des chèques sans provision et une interdiction bancaire pendant cinq ans. Elle raconte avoir ensuite remboursé ses dettes. Sa formule décrit l’ampleur du basculement qu’elle affirme avoir vécu :

« Je me suis écroulée financièrement »

Eva, ancienne patiente, à Franceinfo. [1]

Pour Me Mathieu Petresco, avocat de plusieurs plaignants interrogé par Franceinfo, le point commun n’est pas seulement la capacité à payer. Il évoque une fragilité initiale, parfois une grande détresse et un isolement social, professionnel ou familial. Eva décrit, de son côté, un manque de confiance et une place qu’elle croyait avoir trouvée auprès de celui qu’elle considérait alors comme son maître. Ce sont leurs récits et l’analyse de leur avocat, pas un diagnostic applicable à toute personne qui consulte un ostéopathe.

La honte exprimée par ces anciennes patientes fait aussi partie du reportage. Camille ne veut pas rendre son montant public ; Eva dit se sentir coupable de ne pas avoir vu ce qui lui arrivait. Lire ces témoignages seulement comme des achats coûteux laisserait de côté la relation qu’elles décrivent. À l’inverse, un tarif élevé ne suffit pas, à lui seul, à établir un abus de faiblesse : la procédure porte sur les actes reprochés et les conditions dans lesquelles ils auraient eu lieu.

Sur le terrain de la prévention, la Miviludes rappelle l’importance de garder le dialogue avec son médecin ou son pharmacien en cas de doute sur une pratique. Ce repère général vise notamment à éviter qu’une relation de soins n’isole la personne de ses autres interlocuteurs. Il ne signifie pas que les 51 anciens patients de ce dossier auraient tous interrompu leur suivi médical. [3]

Mercuri conteste les accusations et la défense annonce des témoignages en sa faveur

À Franceinfo, Me Olivier Pardo, avocat d’Antonino Mercuri, affirme que son client entend faire reconnaître son innocence. Il soutient que des soins ont bien été dispensés et présente le procès comme une mise en cause des médecines alternatives et de la méditation en complément de la médecine conventionnelle. Il annonce également que d’anciens patients viendront témoigner en faveur de Mercuri. [1]

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Cette contestation concerne les accusations dirigées contre son client. Le procès n’est pas un jugement général sur tous les ostéopathes ni sur toute pratique de méditation. Les témoignages publiés avant son ouverture annoncée ne constituent pas un compte rendu d’audience ni une décision de culpabilité.

Un devis global et un avis médical, plutôt qu’une promesse à payer

La dimension financière donne un intérêt concret aux repères diffusés récemment par les autorités sanitaires. Le 29 septembre 2026, la Miviludes a présenté un nouveau guide « Santé et dérives sectaires », accompagné du Dérivomètre du ministère chargé de la Santé. Cet outil pédagogique distingue trois niveaux de vigilance : « je reste attentif », « je fais une pause » et « je dis stop ». Il apporte un contexte de prévention, pas une preuve dans le dossier Mercuri. [3]

Le ministère invite, dans tous les cas, à demander des garanties sur la sécurité de la prise en charge et un devis global avant d’accepter les actes proposés. Pour des séances ou des stages, la question du prix ne se limite donc pas à ce qui est demandé aujourd’hui : il faut pouvoir connaître l’ensemble de l’offre avant de s’engager. [4]

Parmi les signaux décrits par le ministère, plusieurs touchent directement à la possibilité de garder un regard extérieur sur la relation :

  • L’affirmation que le praticien est le seul à pouvoir soigner la personne ou ses proches.
  • Un discours culpabilisant sur l’origine des problèmes de santé ou l’échec des traitements.
  • Une incitation à rompre avec l’entourage ou avec le professionnel qui assure le suivi.
  • Une demande d’arrêter les traitements ou une promesse de guérison miracle.
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Deux fauteuils vides et une table dans un espace de consultation, illustration du dialogue médical.
Illustration du dialogue avec les professionnels chargés du suivi, sans représentation d’une consultation réelle.

Ces repères ne sont pas une grille de verdict. Le ministère rappelle de ne pas arrêter un traitement ou un suivi sans avis médical préalable. Pour les situations qu’il classe au niveau orange, il conseille de ne plus prévoir de rendez-vous avec le praticien concerné avant d’avoir demandé conseil aux professionnels chargés du suivi, et de conserver les documents ou messages. Il s’agit de maintenir l’accès à un conseil extérieur, non de suspendre de soi-même les soins prescrits. [4]

L’entourage peut aussi demander de l’aide, sans devoir attendre une décision de justice. La page du ministère oriente vers les associations d’aide aux victimes et les associations de patients, et vers la Miviludes en cas de situation préoccupante pour un proche. Elle indique notamment le 116 006 pour France Victimes, ainsi que l’UNADFI et le Centre contre les manipulations mentales parmi les interlocuteurs possibles. [4]

Sources et références
  1. Franceinfo — Témoignages d’anciennes patientes d’Antonino Mercuri et déclarations de la défense, 12 octobre 2026.
    https://www.franceinfo.fr/faits-divers/justice-proces/temoignages-on-etait-esclaves-de-lui-d-anciennes-adeptes-de-l-osteopathe-antonino-mercuri-racontent-l-enfer-qu-elles-ont-vecu_8231677.html
  2. Le Monde — Pascale Robert-Diard, « Soins “graine”, distribution de noisettes et stages de méditation : un ostéopathe guérisseur jugé pour abus de faiblesse à Paris », 11 octobre 2026.
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/10/11/soins-graine-distribution-de-noisettes-et-stages-de-meditation-un-osteopathe-guerisseur-juge-pour-abus-de-faiblesse-a-paris_6792109_3224.html
  3. Miviludes — Santé et dérives sectaires : de nouveaux outils pour mieux repérer et prévenir les situations à risque, 29 septembre 2026.
    https://www.miviludes.interieur.gouv.fr/actualites/actualite/sante-et-derives-sectaires-de-nouveaux-outils-pour-mieux-reperer-et-prevenir-situations-a-risque
  4. Ministère chargé de la Santé — Le Dérivomètre : signaux d’alerte, bons réflexes et contacts utiles.
    https://sante.gouv.fr/soins-et-maladies/qualite-securite-et-pertinence-des-soins/securite-des-prises-en-charge/article/le-derivometre

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