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Alzheimer : marcher peut-il ralentir le déclin cognitif ? Ce que les paliers de pas d’une étude de 2025 nous apprennent

Une étude de 2025 relie davantage de pas à un déclin cognitif plus lent chez des adultes à amyloïde élevée. Mais ses paliers et ses écarts d’années modélisés ne constituent ni une dose anti-Alzheimer, ni une garantie personnelle.

Par Relu par Antoine BOUQUET
Une femme âgée marche sur un chemin de parc bordé d’arbres.

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Une étude de 2025 remise en lumière

Votre compteur de pas peut-il vous renseigner sur votre risque d’Alzheimer ? La question revient avec une étude publiée dans Nature Medicine le 3 novembre 2025, reprise dans l’actualité en octobre 2026. Son intérêt n’est pas de fixer un chiffre magique. Elle rapproche une activité mesurée au départ de l’évolution du cerveau et des capacités cognitives au fil des années.

Les chercheurs ont suivi 296 adultes initialement sans trouble cognitif dans une cohorte américaine de vieillissement. Un podomètre porté pendant sept jours a servi à estimer leur nombre moyen de pas quotidiens. Des tests répétés ont ensuite permis de suivre la cognition et les capacités fonctionnelles, tandis que des examens d’imagerie renseignaient sur les protéines amyloïde et tau, impliquées dans la maladie d’Alzheimer.[1]

Autrement dit, il ne s’agissait pas d’un programme dans lequel chaque personne recevait une consigne de marche. Les chercheurs ont observé des habitudes, puis comparé des trajectoires. La semaine de mesure donne une photographie de l’activité de départ, pas la preuve que chacun a conservé le même rythme durant tout le suivi.

Ce que montrent les paliers de pas

Le résultat le plus intéressant concerne les participants dont le cerveau présentait une charge amyloïde élevée au départ. Chez eux, une activité plus importante était associée à une accumulation plus lente de tau dans la région cérébrale étudiée et à un déclin cognitif plus lent. Cette condition compte : on ne peut pas appliquer les mêmes résultats à toute personne qui consulte son téléphone après une promenade.

Pour décrire les différences, les auteurs ont réparti les participants en quatre catégories. Ces bornes servent à comparer des groupes, elles ne constituent pas des doses thérapeutiques :

  • 3 000 pas ou moins par jour : catégorie dite inactive.
  • 3 001 à 5 000 pas : activité faible.
  • 5 001 à 7 500 pas : activité modérée.
  • 7 501 pas ou plus : catégorie active.
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À amyloïde élevée, la catégorie de 3 001 à 5 000 pas présentait déjà des associations plus favorables pour tau et la cognition que la catégorie inactive. Les différences se renforçaient dans la catégorie de 5 001 à 7 500 pas, puis semblaient atteindre un plateau au-delà. Une nuance demeure pour les capacités fonctionnelles : dans le modèle longitudinal principal, la différence entre activité faible et inactivité n’atteignait pas la significativité statistique.[1]

Ce plateau ne veut pas dire que marcher davantage devient inutile. Il indique simplement que, pour ces résultats et dans cette cohorte, les associations ne continuaient pas à s’améliorer nettement à chaque catégorie. Il ne permet ni de choisir un nombre optimal pour vous, ni de conclure que les autres bénéfices de l’activité s’arrêtent à 7 500 pas.

« Trois à sept ans » : ce que ce chiffre recouvre

L’idée de gagner plusieurs années peut donner envie de sortir marcher immédiatement. Mais le chiffre ne correspond pas à des années sans diagnostic que les chercheurs auraient garanties à chaque participant. Il vient d’une modélisation de scores.

Les auteurs ont estimé des trajectoires de cognition pour différents niveaux d’activité et d’amyloïde. Ils ont ensuite calculé à quel moment ces trajectoires atteindraient un seuil de dégradation cognitive. À amyloïde élevée, ce seuil était atteint dans le modèle après 6,5 ans pour la catégorie inactive, 9,6 ans pour l’activité faible et 13,6 ans pour l’activité modérée. C’est cette comparaison qui donne des écarts d’environ trois et sept ans.[1]

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La différence est importante : un seuil de score n’est pas un diagnostic. Un temps estimé pour un groupe n’annonce pas la date à laquelle une personne développera Alzheimer. Passer demain à 5 001 pas ne permet donc pas de s’attribuer sept années supplémentaires de protection. L’étude offre une piste de recherche, pas un calendrier personnel.

Étude de 2025 : mesure des pas sur sept jours, association au déclin cognitif et absence de garantie individuelle.
Trois niveaux de lecture à distinguer : ce qui a été mesuré, le lien observé et ce que l’on ne peut pas promettre à une personne. L’association concerne les adultes à amyloïde élevée, initialement sans trouble cognitif.

Tau : une piste, pas un mécanisme prouvé

L’imagerie apporte une information que le compteur de pas ne peut pas donner. L’activité n’était pas associée à une évolution plus lente de la charge amyloïde. En revanche, davantage de pas étaient liés à une accumulation plus lente de tau chez les participants à amyloïde élevée. Les analyses suggèrent que cette évolution de tau pourrait rendre compte d’une partie du lien avec le déclin cognitif et fonctionnel.[1]

Cela ne démontre pas que la marche agit directement sur tau, ni qu’elle élimine les plaques amyloïdes. L’étude reste observationnelle. Les personnes qui bougent davantage peuvent aussi différer sur d’autres aspects de leur santé ou de leur quotidien. Et une maladie encore peu perceptible peut elle-même réduire l’activité. Les auteurs soulignent la nécessité d’essais randomisés pour établir un lien causal.

À l’inverse, l’absence d’association nette dans certaines analyses chez les personnes à faible amyloïde ne signifie pas que l’activité n’a aucun intérêt pour elles. Ce résultat porte sur une question précise de progression préclinique d’Alzheimer. Il ne résume pas les effets de l’activité sur le cœur, le sommeil, l’humeur ou la mobilité.

Bouger à votre mesure, sans courir après une dose

Que faire, alors, de ces résultats ? Vous pouvez retenir l’intérêt de sortir de l’inactivité, sans transformer les catégories de l’étude en objectif médical. L’OMS rappelle que toute activité physique compte et qu’une quantité d’activité vaut mieux qu’aucune. La marche n’est d’ailleurs pas la seule possibilité : le vélo, les déplacements en fauteuil roulant et d’autres activités adaptées font aussi partie des façons de bouger.[2]

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Une courte sortie sur un parcours familier ou un déplacement quotidien à pied, lorsque cela vous est possible, peut être plus facile à intégrer qu’un grand objectif chiffré. Le compteur peut servir de repère pour vos habitudes, pas de juge de votre santé. Et une séance de natation ou de renforcement musculaire ne se lit pas correctement dans un total de pas.

Si la marche vous fait mal, si vous manquez d’assurance ou si vous reprenez après une période d’inactivité, demandez un accompagnement adapté à votre situation. Un professionnel peut vous aider à choisir l’activité et la progression. Il n’est pas nécessaire de forcer pour rejoindre une catégorie de recherche, ni de renoncer à votre aide à la marche pour améliorer le compteur.

Le bon repère reste donc une activité régulière, adaptée à vos capacités, plutôt qu’un nombre de pas supposé empêcher Alzheimer. Cette étude donne des raisons de poursuivre les recherches sur l’activité et le cerveau. Elle ne remplace ni un avis médical en cas de difficulté, ni les soins d’une personne déjà malade.

Sources et références
  1. Physical activity as a modifiable risk factor in preclinical Alzheimer’s disease — https://www.nature.com/articles/s41591-025-03955-6
  2. Activité physique — OMS — https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/physical-activity

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