Une glycémie trop élevée et des repas trop petits peuvent sembler appeler des réponses opposées. Dans le diabète de type 5, associé à une sous-nutrition chronique, il faut pourtant s’occuper des deux à la fois. Réduire le sucre dans le sang ne suffit pas si la personne continue à manquer de nourriture, et améliorer ses repas ne dispense pas de traiter son diabète.
La Fédération internationale du diabète (FID) a soutenu la reconnaissance du type 5 en 2025. Elle a aussi annoncé un groupe de travail chargé de préciser le diagnostic et les traitements. L’enjeu est de mieux prendre en charge des personnes dont le profil a longtemps été confondu avec un diabète de type 1 ou de type 2. [1]
Quand le corps manque d’insuline, mais répond encore à cette hormone
Pour comprendre le choix du traitement, distinguons deux problèmes. Un organisme peut produire trop peu d’insuline, l’hormone qui aide à réguler la glycémie. Il peut aussi répondre moins bien à l’insuline disponible, ce que l’on appelle la résistance à l’insuline. Ces situations ne demandent pas forcément la même prise en charge.
Une étude publiée en 2022 dans Diabetes Care a observé, chez des hommes très minces atteints de diabète en Inde, une sécrétion d’insuline diminuée, mais une meilleure sensibilité à cette hormone que chez les participants ayant un diabète de type 2. Autrement dit, le manque d’insuline dominait davantage que la résistance à son action. [3]
Ce résultat aide à comprendre pourquoi copier un traitement d’un autre type de diabète peut être inadapté. L’étude portait toutefois sur un petit groupe d’hommes sélectionnés. Elle ne permet ni de reconnaître un type 5 au seul poids, ni de déterminer le meilleur médicament pour chaque patient.
Adapter les doses d’insuline aux besoins et aux repas disponibles
Si la production d’insuline est insuffisante, une insulinothérapie peut être nécessaire. La FID évoque une utilisation adaptée à la situation, souvent avec des doses plus faibles. Cela ne donne pas une dose à appliquer soi-même : les besoins se déterminent avec l’équipe soignante et la surveillance de la glycémie. [2]
L’alimentation fait partie de cet ajustement. Sous insuline, le risque d’hypoglycémie, une baisse excessive du sucre dans le sang, mérite une attention particulière lorsque l’accès aux repas est incertain. Les chercheurs de l’étude de 2022 soulignent ce problème chez les personnes vivant dans l’insécurité alimentaire. [3]
Un repas régulièrement insuffisant est donc une information médicale importante, pas un détail à garder pour soi. L’objectif est de faire correspondre le traitement aux besoins réels et aux possibilités de se nourrir. Une inquiétude sur l’insuline doit ouvrir une discussion avec le prescripteur, pas conduire à diminuer ou à arrêter les injections de sa propre initiative.
Restaurer l’alimentation fait partie des soins
La prise en charge du type 5 vise à la fois un meilleur état nutritionnel et le contrôle de la glycémie. La FID place ainsi le soutien nutritionnel parmi les composantes du traitement. [2] Il ne s’agit pas simplement de donner une liste d’aliments à éviter à quelqu’un qui mange déjà trop peu.
Dans la vie quotidienne, la question est aussi très concrète : les repas sont-ils assez réguliers et suffisants ? Le budget permet-il d’acheter de quoi manger ? La personne peut-elle préparer ses repas ? Ces difficultés doivent être abordées avec l’équipe soignante pour que l’accompagnement nutritionnel soit réellement applicable.
Le plan alimentaire se construit avec les professionnels qui suivent la personne. Il doit tenir compte de la sous-nutrition et du diabète ensemble, plutôt que d’ajouter des restrictions identiques pour tout le monde. Des apports suffisants et un traitement adapté poursuivent ici le même objectif de soins.

Les médicaments oraux sont une possibilité, pas une solution universelle
Les injections ne sont pas la seule option évoquée par la FID. Elle mentionne aussi des médicaments oraux stimulant la sécrétion d’insuline, selon la situation. [2] Leur place dépend donc de l’évaluation médicale, et non de la simple présence d’un faible poids.
Il reste des questions à résoudre. Dans leurs conclusions, les auteurs de l’étude de 2022 indiquaient notamment que l’efficacité de ces médicaments dans ce profil devait encore être précisée. Leur travail décrivait le fonctionnement du métabolisme, sans comparer les résultats de plusieurs traitements. [3]
La FID précise que les recommandations diagnostiques et thérapeutiques continuent de se développer. Le traitement doit être individualisé, avec un professionnel expérimenté dans la prise en charge du diabète. La nouvelle appellation ne remplace donc pas ce suivi.
Ce qui mérite d’être raconté au rendez-vous médical
Si vous vivez avec un diabète et des difficultés à vous nourrir suffisamment, parlez des repas tels qu’ils se passent vraiment. Les repas sautés, les petites quantités, les variations d’appétit et les obstacles matériels donnent un contexte que les seules mesures de glycémie ne racontent pas.
Apportez aussi les informations dont vous disposez sur votre traitement et votre suivi glycémique. Vous pouvez demander comment coordonner l’accompagnement nutritionnel et les soins du diabète, ou qui contacter lorsque vous n’arrivez plus à manger comme prévu. Le but n’est pas de vous attribuer un type 5 à partir d’une description, mais de faire évaluer vos besoins.
Le point essentiel tient dans cette coordination : soigner le diabète et la sous-nutrition ensemble. Une alimentation suffisante, un traitement choisi pour la situation et un suivi médical régulier doivent avancer de concert. Aucun changement de médicament ou de dose ne doit être décidé seul.
Sources et références
- https://idf.org/news-and-resources/news/new-type-5-diabetes-working-group — FID — Groupe de travail sur le diabète de type 5, 15 avril 2025
- https://idf.org/about-diabetes/type-5-diabetes — FID — Type 5 diabetes
- https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9184261 — Lontchi-Yimagou et coll. — An Atypical Form of Diabetes Among Individuals With Low BMI, Diabetes Care, 2022
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