Vous aimeriez prendre soin de votre mémoire, mais pas ajouter un entraînement de plus à vos journées ? Après 60 ans, une recette à découvrir, une conversation ou une activité physique accessible ont aussi leur place. Le point de départ n’est pas un score à battre : c’est une activité que vous avez envie de retrouver, et que votre santé vous permet de pratiquer.
Cette question sera au programme d’une conférence des Lundis de la santé, annoncée à Brest pour le 12 octobre 2026. Sans attendre cette rencontre, les conseils de l’Assurance Maladie donnent des pistes concrètes : continuer à apprendre, entretenir ses relations, bouger, mais aussi faire vérifier sa vue et son audition.[1][2] Cela ne constitue ni un traitement des troubles de mémoire, ni une garantie contre Alzheimer.
Choisir une petite nouveauté, pas un examen
Entretenir sa mémoire ne signifie pas forcément remplir des grilles. Vous pouvez essayer une nouvelle façon de cuisiner, apprendre quelques mots d’une langue, découvrir les règles d’un jeu ou vous initier à un loisir manuel. Ces propositions sont des façons de remettre de l’apprentissage dans le quotidien, pas des exercices dont une dose précise aurait été prouvée.
Pour commencer, choisissez une seule nouveauté qui vous intéresse. Si une recette entière vous paraît compliquée, essayez d’abord une étape. Si vous aimez lire, gardez un court passage puis racontez ce qui vous a marqué à un proche. Vous avez le droit de relire, de demander une explication et de recommencer : le plaisir de découvrir compte davantage que la vitesse.
Une consigne écrite, des caractères plus grands ou un endroit calme peuvent rendre l’activité plus accessible. Utiliser un carnet pour les rendez-vous n’est pas non plus une raison de vous priver d’apprendre. Le but n’est pas de supprimer toutes les aides, mais de rester engagé dans ce que vous faites.
Garder les jeux si vous les aimez, sans croire au score miracle
Un sudoku, un jeu de cartes ou une application peuvent être agréables. Il n’est pas nécessaire de les abandonner, ni d’acheter un abonnement pour « sauver » sa mémoire. Progresser dans un jeu ne prouve pas que l’on mémorise mieux dans la vie courante.
Une méta-analyse publiée en ligne en 2021 a étudié sept programmes commerciaux d’entraînement cérébral, à partir de 43 études réunissant 2 636 personnes âgées, avec ou sans trouble cognitif léger. Les gains observés concernaient surtout des capacités proches de celles entraînées. Le résumé conclut à des preuves insuffisantes pour affirmer une amélioration de la mémoire, de la cognition générale ou du fonctionnement quotidien.[3]
Ce résultat ne juge pas tous les mots croisés ou tous les loisirs. Il invite simplement à ne pas confondre divertissement et protection médicale. Si le chronomètre vous crispe, désactivez-le lorsque c’est possible, ou choisissez une activité sans classement.
Remettre du mouvement dans une activité qui vous convient
La mémoire n’est pas séparée du reste de votre santé. L’exercice fait partie des pistes utiles, sans exiger de devenir sportif. Une synthèse publiée en 2025 dans le British Journal of Sports Medicine trouve des améliorations aux tests de mémoire et d’autres fonctions cognitives dans des essais d’exercice. Elle rassemble des populations d’âges et d’états de santé variés : ce n’est pas une promesse individuelle de prévenir Alzheimer, ni une comparaison démontrant que bouger serait supérieur à tous les jeux.[4]
Une sortie sur un parcours familier, un moment de jardinage ou de danse peuvent être des points de départ, selon vos possibilités. Vous pouvez choisir un rendez-vous ou un lieu qui vous donne envie de recommencer, plutôt qu’un total de pas à atteindre. Si vous avez mal, craignez de tomber ou reprenez après une longue interruption, demandez conseil pour adapter l’activité et sa progression. Ne forcez pas pour suivre le rythme d’une autre personne.
Prévoir un échange qui ne demande pas toute une organisation
Une conversation peut associer attention, souvenirs, idées nouvelles et plaisir de retrouver quelqu’un. L’Assurance Maladie encourage une vie riche en relations sociales ; l’OMS inclut aussi l’activité sociale et cognitive parmi les habitudes qui contribuent à réduire le risque de déclin cognitif et de démence.[2][5] Il ne s’agit pas d’une garantie, et rester isolé n’est pas toujours un choix.
Plutôt que viser une semaine remplie, proposez un appel à une personne avec qui vous aimez parler, ou renseignez-vous sur une activité accessible près de chez vous. Vous pouvez partir d’un sujet simple : un livre, une photo, un projet de cuisine. Si les déplacements sont difficiles, l’échange peut se faire à distance. Et si un grand groupe vous fatigue, une rencontre à deux peut être plus confortable.

Quand suivre une conversation devient difficile, penser aussi à l’audition
Vous faites souvent répéter ou renoncez à discuter quand plusieurs personnes parlent ? Ne mettez pas automatiquement cette difficulté sur le compte de la mémoire. Une baisse d’audition peut gêner la communication et les apprentissages. L’Assurance Maladie conseille de faire vérifier l’audition et la vue pour préserver ces possibilités d’échange.[2]
En attendant un avis, vous pouvez demander de parler face à vous, baisser le son de la télévision et choisir un endroit moins bruyant. Ces aménagements ne remplacent pas un bilan. Si vous portez déjà un appareil auditif mais comprenez toujours mal, décrivez les situations gênantes à votre audioprothésiste pour revoir les réglages. Un appareil adapté ne garantit pas à lui seul de préserver la mémoire.

Entretenir sa mémoire ne doit pas retarder une consultation
Les loisirs ne corrigent pas tout. Un sommeil perturbé, une dépression ou certains médicaments peuvent contribuer à des difficultés de mémoire ; le médecin recherche aussi ces causes, dont certaines peuvent être prises en charge.[6] Signalez vos problèmes de sommeil et vos traitements, sans arrêter seul un médicament.
Un oubli ponctuel, espacé et sans autre symptôme n’a pas la même signification que des difficultés qui se répètent ou gênent les tâches habituelles. Prenez rendez-vous si les oublis augmentent, vous inquiètent, vous font manquer des rendez-vous ou vous perdre sur un trajet. En cas de trouble de mémoire brutal accompagné, par exemple, d’une difficulté à parler ou d’une faiblesse d’un membre, appelez le 15 ou le 112. Un trouble survenant après un traumatisme crânien nécessite aussi un avis médical urgent.[6][7]
Pour cette semaine, vous pouvez retenir une activité à découvrir ou à reprendre et un échange facile à organiser. Ajustez-les si la fatigue, la douleur ou les difficultés d’écoute vous freinent. Le repère utile reste votre quotidien : garder des occasions d’apprendre et de participer, pas obtenir un meilleur score à tout prix ni rester seul face à des oublis qui vous inquiètent.
Sources et références
Sources
- Ville de Brest — Préserver sa mémoire, conférence annoncée le 12 octobre 2026
https://www.sante-brest.net/article3331.html - Assurance Maladie — Comment entretenir sa mémoire ?, 31 mars 2025
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/troubles-memoire/comment-entretenir-sa-memoire - Méta-analyse de programmes commerciaux d’entraînement cérébral — résumé NCBI, publication en ligne 2021
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34251578/ - Singh et coll. — Exercice, cognition et mémoire, British Journal of Sports Medicine, 2025
https://bjsm.bmj.com/content/59/12/866 - Organisation mondiale de la santé — Dementia, facteurs de risque et prévention
https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/dementia - Assurance Maladie — Bilan mémoire et traitement des troubles de la mémoire, 31 mars 2025
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/troubles-memoire/consultation-traitement - Assurance Maladie — Quand consulter en cas de troubles de la mémoire ?, 28 mars 2025
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/troubles-memoire/que-faire-quand-consulter
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