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Votre genou reste douloureux après une infiltration ? Ce que le gel Arthrosamid change dans le choix des soins

Un suivi à cinq ans relance l’intérêt pour Arthrosamid, un hydrogel injectable non résorbable. Mais la synthèse des études ne démontre pas sa supériorité sur l’acide hyaluronique et ne recommande pas un usage de routine. Pour choisir, la réponse attendue et la rééducation restent au premier plan.

Par Relu par Antoine BOUQUET
Consultation médicale autour d’un genou et d’une option injectable

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Vous avez déjà essayé des exercices, des médicaments, peut-être une infiltration, et votre genou reste douloureux. L’arrivée d’un autre produit injectable pose alors une question très concrète : faut-il changer de traitement, et pour quel résultat ? L’hydrogel de polyacrylamide commercialisé sous le nom Arthrosamid attire l’attention avec des données de suivi allant jusqu’à cinq ans. Mais toutes les injections ne répondent pas au même besoin, et une durée de suivi ne prédit pas votre durée de soulagement.

Corticoïdes, acide hyaluronique, hydrogel : un même geste, des produits différents

Une infiltration consiste à administrer un produit dans l’articulation. Le mot décrit le geste, pas une famille de traitements interchangeables. Pour l’arthrose du genou, les corticoïdes peuvent agir sur la douleur, notamment dans un contexte inflammatoire. L’acide hyaluronique est une autre possibilité, destinée à améliorer la lubrification de l’articulation. L’Assurance Maladie précise que ces deux types d’injections n’ont pas d’effet sur la structure du cartilage. [1]

Arthrosamid est différent : c’est un hydrogel non résorbable composé de 97,5 % d’eau et de 2,5 % de polyacrylamide réticulé. Une revue des études publiée dans le numéro d’octobre 2026 de The Knee examine ce que l’on sait de cette option. Son caractère durable ne suffit pas à en faire une injection plus efficace que les autres, ni une réparation de l’articulation. Les résultats décrits portent avant tout sur les symptômes. [2]

Il serait donc trompeur de classer ces produits du « moins bon » au « meilleur » sur la seule base de leur composition. Le choix se discute à partir de votre gêne, des traitements déjà tentés et de leurs effets, de votre état de santé et du bénéfice recherché. Calmer une poussée douloureuse et espérer un soulagement prolongé ne sont pas exactement la même demande.

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Trois options d’infiltration du genou : corticoïdes pour agir sur la douleur, acide hyaluronique pour la lubrification, Arthrosamid comme hydrogel non résorbable. Sa supériorité sur l’acide hyaluronique n’est pas démontrée ; activité adaptée et rééducation restent nécessaires.
Les corticoïdes visent la douleur, l’acide hyaluronique la lubrification ; Arthrosamid est un hydrogel non résorbable. Le geste d’infiltration ne rend pas ces produits interchangeables. L’essai randomisé cité dans la revue n’a pas montré de différence significative entre hydrogel et acide hyaluronique, sans démontrer une équivalence définitive. Aucun de ces repères ne prouve une réparation du cartilage ; activité adaptée et rééducation restent nécessaires. Source de l’infographie.

Le gel fait-il mieux que l’acide hyaluronique ? La réponse reste incertaine

La revue de The Knee rassemble des séries de patients, une étude comparative et un essai randomisé. Plusieurs travaux rapportent une amélioration de la douleur et de la fonction après injection d’hydrogel. Cependant, l’essai randomisé n’a pas retrouvé de différence significative avec l’acide hyaluronique. Cela ne démontre ni une supériorité du gel, ni une équivalence définitive entre les deux traitements. [2]

Une étude comparative a trouvé un résultat plus favorable à l’hydrogel qu’aux corticoïdes à six mois, mais pas de différence significative entre les traitements à trois mois. Ce signal ne permet pas, à lui seul, de dire que le gel est le meilleur choix pour chaque genou. La nature des études, leur durée et la façon de mesurer la réponse comptent autant que le résultat mis en avant.

La conclusion des auteurs est prudente : les limites de qualité des études, la compréhension encore incomplète du mécanisme et les données à long terme ne permettent pas de recommander un usage de routine. Ce n’est pas la même chose que déclarer le traitement inutile. C’est reconnaître que sa place parmi les options reste à préciser.

Cinq ans après une injection : ce que la moyenne ne raconte pas

Le suivi publié en 2026 dans Clinical and Experimental Rheumatology prolonge un essai initial à un an. Parmi les 119 personnes traitées au départ par hydrogel, 91 ont participé à l’extension et 58 ont achevé le suivi à cinq ans. À cette échéance, l’amélioration moyenne du score de douleur WOMAC atteignait 16,2 points sur une échelle de 100 par rapport au début de l’essai. [3]

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Il s’agit d’un résultat encourageant, mais le suivi à cinq ans est observationnel, sans comparaison maintenue avec un autre traitement. Toutes les personnes traitées initialement n’ont pas été suivies jusqu’au bout. On ne peut donc pas lire ce chiffre comme « une injection soulage tout le monde pendant cinq ans », ni comme la preuve qu’elle aurait évité une prothèse.

La moyenne ne dit pas non plus quel sera votre parcours. Une même baisse de score peut avoir des conséquences différentes selon que votre priorité est de descendre les escaliers, de marcher jusqu’aux commerces ou de moins interrompre votre sommeil. Votre âge ne résume pas davantage votre douleur : sa localisation, son intensité et son retentissement restent des informations distinctes.

Une injection ne remplace pas le travail sur la mobilité

La perspective d’un soulagement durable ne doit pas faire disparaître les bases de la prise en charge. L’Assurance Maladie recommande une activité physique adaptée, une perte de poids lorsqu’elle est nécessaire et une rééducation personnalisée. Le kinésithérapeute aide à préserver la mobilité articulaire et la musculature, puis à poursuivre les exercices à domicile. [1]

Concrètement, il est utile de fixer avec le soignant un objectif observable dans votre vie quotidienne et un moment pour faire le point. Marcher un peu plus confortablement, se relever d’une chaise ou atteindre ses pieds pour s’habiller donne davantage de sens au suivi qu’une promesse générale de « genou neuf ». Un soulagement éventuel peut faciliter les exercices ; il ne dispense pas d’adapter leur intensité.

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Pendant une poussée très douloureuse, la même source conseille un repos relatif et une adaptation temporaire des activités. Il ne s’agit ni de forcer pour profiter de l’injection, ni d’immobiliser durablement le genou par peur de l’abîmer. Les consignes de reprise dépendent de votre situation et du geste réalisé.

Une femme assise sur une chaise dans son salon, une jambe étendue vers l’avant.

Avant de choisir, parler du bénéfice attendu et des suites

La tolérance mérite aussi une discussion. La revue décrit surtout des douleurs transitoires après injection ; le résumé du suivi à cinq ans indique qu’aucun événement rapporté entre les années un et cinq n’a été jugé lié au gel. Ces observations ne signifient pas que tout risque est exclu. Elles ne donnent pas non plus une liste universelle de personnes qui pourraient recevoir le produit sans précaution. [2][3]

Demandez au médecin pourquoi cette option serait adaptée à votre genou, comment sa réponse sera évaluée, quelles suites sont attendues et qui contacter si elles vous inquiètent. Le coût et une éventuelle prise en charge doivent également être clarifiés par un devis et des informations propres à votre situation : les études citées ne fixent pas un tarif français à reprendre comme référence.

Si la douleur ou la raideur gêne déjà l’habillage, les déplacements ou d’autres gestes simples, ces difficultés font partie du bilan, même lorsqu’elles ne se voient pas sur une radio. Des adaptations pratiques peuvent accompagner les soins sans attendre de savoir quelle injection fonctionnera.

La bonne question n’est donc pas seulement « combien de temps ce gel reste-t-il dans le genou ? », mais « quel bénéfice réaliste puis-je en attendre, par rapport à mes autres options ? » Arthrosamid apporte une piste supplémentaire, pas une réponse automatique après l’échec d’une infiltration. Le choix gagne à rester lié à vos objectifs, à la rééducation et à une réévaluation de la gêne réelle.

Sources et références
  1. Assurance Maladie. « Traitement de l’arthrose du genou », 22 janvier 2026. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/arthrose-genou/traitement-medical-chirurgical
  2. Farhan-Alanie MM et al. « Efficacy of novel polyacrylamide hydrogel injection for osteoarthritis ». The Knee, publication en ligne le 18 mai 2026, numéro d’octobre 2026 ; résumé. https://doi.org/10.1016/j.knee.2026.104492
  3. Bliddal H et al. « Sustained symptom relief and safety over five years following a single intra-articular injection of 2.5% polyacrylamide hydrogel in patients with knee osteoarthritis ». Clinical and Experimental Rheumatology, publication en ligne le 4 mars 2026 ; résumé. https://doi.org/10.55563/clinexprheumatol/bsper8

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