Dans un stylo injectable contrefait, l’incertitude ne porte pas seulement sur la provenance : elle touche ce que l’on s’injecte. Le 15 octobre 2026, l’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte a annoncé l’interception, par les douanes, de plusieurs envois postaux de faux stylos présentés comme des médicaments contre le diabète, également utilisés dans le traitement de l’obésité. Le communiqué ne précise pas leur composition et ne rapporte pas de cas d’intoxication. Il décrit trois possibilités qui n’ont pas les mêmes conséquences pour un traitement. [1]
Trois façons de ne pas recevoir le médicament attendu
La substance active est l’ingrédient qui produit l’effet recherché du médicament. Sa présence, sa quantité et son identité comptent ensemble. Une contrefaçon peut rompre chacun de ces repères, explique l’ARS : [1]
- La substance annoncée peut être absente. Le geste d’injection a alors lieu sans que le médicament attendu soit apporté. Le problème n’est donc pas uniquement un éventuel effet indésirable : c’est aussi l’absence de l’action thérapeutique recherchée. Un produit peut donner l’impression de poursuivre un traitement sans en assurer le rôle.
- Le dosage peut être incorrect. Le dosage indique la quantité de substance. S’il est faux, se fier aux indications du produit ne permet plus de savoir quelle quantité on reçoit réellement. Un contenu insuffisant ou excessif ne pose pas la même question, mais tous deux empêchent de se fier à la dose annoncée.
- Des substances inconnues peuvent être présentes. On ne sait alors plus seulement quelle quantité a été administrée : on ignore aussi la nature de ce qui a été injecté et ses effets. L’ANSM avertit, dans son alerte sur les produits vendus illégalement comme des aGLP-1, que certains peuvent contenir des substances toxiques à des concentrations dangereuses. [2]
Ces possibilités décrivent les dangers des contrefaçons. Elles ne permettent pas de dire laquelle correspond aux stylos interceptés à Mayotte, ni de leur attribuer une substance précise. Le communiqué ne donne pas non plus de marque ou de numéro de lot.

La dose affichée ne permet pas de corriger un contenu inconnu
La distinction est importante si l’on ne ressent pas l’effet espéré. Avec un produit suspect, on ne dispose pas d’une dose fiable à ajuster : le contenu lui-même est incertain. Reprendre une injection ou en augmenter la quantité ne transforme pas cette inconnue en médicament adapté. L’ARS recommande de ne pas utiliser le stylo suspect et de demander conseil à un pharmacien. [1]
Il faut aussi séparer cette situation d’un médicament authentique qui semble ne pas agir comme attendu. L’absence d’effet ressenti ne suffit pas à identifier une contrefaçon. L’alerte ne donne aucune consigne d’arrêt du traitement habituellement prescrit et délivré dans le circuit légal.
Après utilisation, l’avis médical ne dépend pas des seuls symptômes
Un effet ressenti ne révèle pas la composition du produit. À l’inverse, ne rien remarquer immédiatement ne permet pas de l’authentifier. L’ANSM recommande de ne pas réutiliser un produit présenté comme un aGLP-1 acheté sur internet, même en l’absence d’effet indésirable. [2]
À Mayotte, la recommandation de l’ARS est de contacter un médecin et de lui signaler le produit utilisé après l’usage d’un stylo suspect, sans attendre qu’un symptôme apparaisse. En cas de symptômes graves, elle demande d’appeler le 15. Cet avis médical répond à une exposition incertaine ; le communiqué ne décrit pas un diagnostic que chacun pourrait établir à domicile. [1]

Le circuit de délivrance compte davantage qu’une apparence rassurante
L’ARS précise qu’un emballage apparemment conforme ne suffit pas. Pour les aGLP-1, l’ANSM rappelle que la délivrance se fait sur ordonnance, en pharmacie, et que la vente en ligne est interdite, même par une pharmacie. Ces règles concernent cette classe de médicaments ; elles ne signifient pas que toute vente pharmaceutique en ligne est interdite. [1, 2]
Une offre sur un réseau social n’est donc pas un autre moyen de renouveler ces médicaments. L’ANSM met aussi en garde contre les logos institutionnels utilisés comme arguments de vente : elle n’appose pas son logo pour certifier un produit, pas davantage que l’Agence européenne du médicament. Face à un produit douteux, elle recommande de l’apporter au pharmacien ou au médecin. [2]
LA SANTÉ À VOTRE PORTÉE






