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Tension basse chez une personne âgée : quand consulter ?

Par Relu par Antoine BOUQUET
Femme âgée assise sur un canapé, la main sur le front, regardant par une fenêtre avec un paysage lumineux.

Un chiffre de 9 sur le tensiomètre, et l’inquiétude arrive tout de suite.

Faut-il appeler un médecin, faire asseoir la personne, ou attendre un peu ? Je vais vous aider à y voir clair sur la tension basse chez une personne âgée.

Quand faut-il consulter ?

Une tension basse chez une personne âgée ne se juge pas au seul chiffre. Ce sont les symptômes qui comptent : vertiges, faiblesse, vision floue, chute, malaise qui revient. Si vous voyez ça, ne restez pas à regarder le tensiomètre. Appelez un médecin.

Quels signes doivent vous faire appeler un médecin ?
Cochez ce qui s’applique à la personne concernée, pour savoir où en est la situation.

Dans ce cas, appelez immédiatement le 15 ou le 112.

Ces signes doivent faire consulter, surtout s’ils reviennent.

Une chute liée à la tension mérite un avis médical rapide.

La répétition compte davantage qu’un chiffre isolé.

Ce contexte aide le médecin à identifier la cause.

Certains traitements font baisser la tension.

La déshydratation est une cause fréquente chez la personne âgée.

Vous avez un doute sérieux ? Appelez le 15 ou le 112 si :

  • la personne perd connaissance ou reste confuse ;
  • elle a mal dans la poitrine ou peine à respirer ;
  • elle présente une faiblesse soudaine d’un côté du corps ;
  • elle a chuté en se blessant.
À lire aussi :  Rééducation après un AVC chez la personne âgée, en pratique

Une mesure à 9, 9,5 ou 10,5 ne suffit pas à décider qu’il y a urgence. Dans le langage courant, « 9 » correspond en général à 90 mmHg de pression systolique. « 9,5 » vaut 95 mmHg, « 10,5 » vaut 105 mmHg. Regardez aussi le second chiffre, le pouls et les symptômes.

Prenez rendez-vous rapidement avec le médecin traitant si :

  • les chiffres restent bas à plusieurs reprises ;
  • les malaises surviennent au lever ou après les repas ;
  • la personne tombe, même sans perdre connaissance ;
  • un nouveau médicament a été commencé ou augmenté ;
  • une diarrhée, des vomissements, de la fièvre ou une forte chaleur ont précédé l’épisode.

Une personne de 90 ans n’a pas automatiquement le même objectif tensionnel qu’un adulte plus jeune. La fragilité, les maladies associées, les traitements et le risque de chute comptent. Chez les 80 ans ou plus traités pour hypertension, la HAS vise une pression systolique inférieure à 150 mmHg, sans hypotension orthostatique.

Que signifie une tension basse chez une personne âgée ?

La pression artérielle s’écrit avec deux chiffres. Le premier, c’est la pression systolique : la poussée du cœur quand il se contracte. Le second, la diastolique : la pression entre deux battements. Donc 10/6, ça veut dire 100/60 mmHg.

Pas de chiffre unique qui dise « trop bas » pour toutes les personnes âgées. Une systolique autour de 90 mmHg peut être normale chez quelqu’un qui se sent bien. À l’inverse, une baisse plus modeste peut inquiéter si elle provoque un malaise ou une chute.

Alors « elle a 9 », ça ne dit pas grand-chose. Notez la mesure complète, par exemple 9/5,5, avec l’heure, la position du corps et ce que la personne ressent.

L’hypotension orthostatique, c’est une baisse de tension quand on passe de la position assise ou couchée à debout : le sang descend vers les jambes. Normalement, le cœur et les vaisseaux compensent très vite. Avec l’âge, cette réponse devient moins efficace.

On parle d’hypotension orthostatique quand la systolique baisse d’au moins 20 mmHg et/ou la diastolique d’au moins 10 mmHg dans les trois minutes suivant le lever. Cette baisse peut exister sans que la personne ne ressente rien.

Pourquoi la tension peut-elle baisser ?

La première piste à vérifier, c’est souvent le traitement. Les diurétiques font éliminer davantage d’eau et de sel. D’autres médicaments contre l’hypertension, certains antidépresseurs, neuroleptiques, traitements de la maladie de Parkinson, antalgiques opioïdes ou médicaments de la prostate peuvent aussi favoriser une hypotension.

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Ne changez jamais la dose seul, et n’arrêtez jamais un traitement brutalement. Apportez au médecin la liste complète des médicaments, y compris ceux pris sans ordonnance, les somnifères et les compléments alimentaires. Il pourra repérer une dose trop forte ou une association mal tolérée.

La déshydratation arrive vite chez une personne âgée. Elle guette surtout par forte chaleur, en cas de fièvre, de diarrhée ou de vomissements. La soif peut rester discrète. Bouche et lèvres sèches, grande fatigue ou urines plus rares doivent vous alerter.

D’autres causes peuvent aussi faire baisser la tension :

  • Une perte de sang, parfois visible, parfois digestive et difficile à repérer
  • Une anémie, c’est-à-dire un manque de globules rouges, qui transportent l’oxygène
  • Une infection, qui peut perturber l’équilibre général et faire chuter la pression
  • Une maladie cardiaque, un trouble du rythme ou une insuffisance cardiaque
  • Le diabète ou la maladie de Parkinson, qui peuvent dérégler les nerfs chargés d’adapter la tension
  • Un alitement prolongé, après une hospitalisation ou une maladie, qui fait perdre au corps l’habitude de se tenir debout
  • La chaleur et l’alcool, qui dilatent les vaisseaux et peuvent accentuer la baisse.

Quels symptômes peuvent apparaître ?

Le premier signe, c’est souvent la tête qui tourne au moment de se lever. Parfois, la vue se brouille. Vous sentez aussi que vos jambes pourraient lâcher. Ces signes arrivent en général dans les secondes ou les minutes qui suivent le changement de position. Vous le reconnaissez ? C’est le piège classique.

D’autres symptômes peuvent accompagner la baisse :

  • une faiblesse soudaine
  • une fatigue inhabituelle après être resté debout
  • des difficultés à réfléchir ou une sensation de confusion
  • une perte de connaissance brève

Si la personne vient de perdre connaissance, appelez le 15 ou le 112. Ne lui donnez rien à boire tant qu’elle n’est pas parfaitement réveillée.

Après un épisode, notez tout de suite l’heure, la position, le dernier repas et les médicaments pris. Ajoutez la tension, le pouls et la durée des symptômes. Ces détails comptent : ils aident le médecin à relier le malaise à un lever, un traitement, une déshydratation ou une autre cause.

Comment le médecin vérifie-t-il l’hypotension orthostatique ?

Le médecin commence par demander ce qui s’est passé :

  • Au lever.
  • Après un repas.
  • Pendant une envie d’uriner.
  • Après une douche chaude.
  • Juste après un changement de traitement.
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Il regarde aussi les chutes et les pertes de connaissance. Il pense aux maladies connues et aux médicaments pris chaque jour. Vous voyez le lien ? Certains traitements font baisser la tension.

Le médecin prend la pression et le pouls. Ensuite, il fait lever la personne. Si elle risque de tomber, il l’aide.

Un tensiomètre avec son brassard repose sur une table basse en bois, devant un fauteuil, une lampe et des plantes vertes.
Pour comparer les mesures, installez-vous au calme et notez les chiffres ainsi que le pouls selon les consignes du médecin.

À la maison, prenez un tensiomètre validé, avec un brassard au bras. Asseyez la personne au calme, bras posé sur une table, puis notez les chiffres et le pouls. La règle des trois prévoit trois mesures le matin et trois le soir, pendant trois jours. Mais le médecin peut proposer un autre protocole.

Que faire sans risque et comment prévenir les malaises ?

Au moment du malaise, le réflexe le plus sûr, c’est d’arrêter le lever. Si la personne perd connaissance, appelez le 15 ou le 112. Sinon, faites-la asseoir ou allonger avant qu’elle ne tombe. Si elle reste consciente, qu’elle penche le buste en avant, croise les pieds et contracte les jambes quelques instants. Vous voyez l’idée : on reprend la main avant la chute.

Pour limiter les épisodes au quotidien :

  • Lever progressif : rester assis une à deux minutes au bord du lit avant de se mettre debout.
  • Appui : une canne, une poignée ou la présence d’un proche si l’équilibre est fragile.
  • Alcool : le limiter, car il dilate les vaisseaux et augmente le risque de malaise.
  • Repas : privilégier des repas moins copieux, répartis en plusieurs prises si les malaises surviennent après avoir mangé.

Ne salez pas davantage de votre propre initiative. Ça peut aider certaines hypotensions, mais ça peut aggraver une hypertension, une insuffisance cardiaque ou une maladie rénale. Les médicaments qui remontent la tension, eux, demandent une prescription et une surveillance.

Un couloir lumineux avec une main courante en bois, une console ornée d’une lampe et de plantes, et un fauteuil au fond.
Un chemin dégagé et bien éclairé vers les toilettes aide à réduire les risques de chute lors d’un malaise.

Enfin, sécurisez le logement. Retirez les tapis qui glissent, éclairez mieux le chemin vers les toilettes et installez des appuis dans la salle de bains. Éviter la première chute, c’est souvent le geste le plus utile.

Ce qui compte, c’est de repérer ce qui se répète. Si le malaise revient toujours au même moment, au lever ou après un repas, vous tenez déjà une piste sérieuse à montrer au médecin. Et ça, vous pouvez le faire dès cette semaine.

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