141,5 millions d’euros d’économies prévues, mais pas de budget approuvé. Le 19 octobre 2026, la proposition belge pour les soins de santé en 2027 n’a pas obtenu l’approbation du Conseil général de l’INAMI. Une majorité des membres la soutenait pourtant. L’explication tient à une condition du vote : il fallait aussi l’accord de tous les représentants du gouvernement, qui se sont abstenus à l’unanimité. [1, 2]
Ce décalage change la lecture du chiffre annoncé par le Collège intermutualiste. Les 141,5 millions décrivent les économies contenues dans une proposition, pas des économies réalisées ni un nouveau montant à payer par les patients. Pour comprendre où en est le dossier, il faut regarder à la fois ce que les acteurs du soin avaient négocié et l’étape qui leur a manqué.
Une majorité favorable ne remplissait pas toutes les conditions
L’INAMI, l’organisme belge chargé de l’assurance soins de santé et indemnités, a annoncé officiellement la non-approbation du texte. Au Conseil général siègent des organismes assureurs, des représentants des employeurs et des travailleurs salariés, ainsi que des représentants du gouvernement. Le soutien majoritaire des membres était une condition, mais il ne suffisait pas. [1]
L’institut précise que « l’approbation requiert l’accord de tous les représentants du gouvernement ». Leur abstention unanime a donc empêché l’adoption. Le point important n’est pas de transformer cette abstention en vote contre : c’est l’absence de l’accord nécessaire qui a bloqué la procédure.
On peut ainsi réunir une majorité autour d’un compromis sans obtenir la décision budgétaire attendue. Ce n’est pas une contradiction dans le résultat annoncé. Le scrutin exigeait un soutien particulier au sein de l’instance, en plus du soutien majoritaire.

Le 5 octobre avait validé une proposition, pas achevé le parcours
Deux semaines plus tôt, le 5 octobre, le Comité de l’assurance de l’INAMI avait approuvé une proposition concernant l’objectif budgétaire global pour 2027 et sa répartition entre secteurs. Les mutuelles, les prestataires et les institutions de soins avaient salué cet accord dans un communiqué commun. [1, 3]
Cet objectif global correspond au cadre d’ensemble des dépenses de l’assurance soins de santé. La répartition concerne les moyens affectés aux différents secteurs. L’accord du Comité de l’assurance préparait donc le budget, mais le passage au Conseil général restait une étape distincte.
C’est aussi pourquoi les formulations du 5 octobre doivent être rattachées à leur date. Les partenaires y présentaient des mesures concrètes au futur. Après la non-approbation du 19 octobre, les lire comme un calendrier d’application acquis donnerait à leur communiqué une portée qu’il n’a pas obtenue.
À quoi correspondent les 141,5 millions annoncés ?
Le montant vient du Collège intermutualiste, qui rassemble la position des mutualités dans le communiqué du 19 octobre. Il explique avoir élaboré une proposition comprenant cette économie dans le cadre des contraintes financières. Cette prise de position défend le compromis négocié. Elle ne constitue pas, par elle-même, une décision gouvernementale. [2]
Le communiqué du 5 octobre donne des exemples de leviers envisagés. Leur intérêt est de montrer que « faire des économies » recouvre des mécanismes différents, et non une ponction uniforme sur chaque patient : [3]
| Domaine | Ce que prévoyait la proposition du 5 octobre |
|---|---|
| Imagerie médicale | Réduire le nombre d’examens en s’appuyant davantage sur les recommandations existantes. |
| Garde de médecine générale | Développer les consultations téléphoniques le week-end et les jours fériés, avec un objectif de remplacement de 30 % des consultations et une économie annoncée de 4,1 millions d’euros. |
| Soins dentaires | Limiter la facturation à 10 radiographies intra-buccales au cours d’une même séance. |
Ces exemples décrivent le contenu du projet. Le chiffre de 30 % est un objectif du scénario de garde, pas une proportion déjà mesurée. De même, le plafond de radiographies cité appartient à la proposition : le vote du 19 octobre n’en établit pas l’entrée en vigueur.

Le Conseil des ministres doit maintenant fixer le cadre
La suite institutionnelle est précisée par l’INAMI : le Conseil des ministres doit prendre la décision, sur proposition du ministre des Affaires sociales et de la Santé publique. Il lui revient de fixer le budget, l’objectif annuel de l’assurance soins de santé et les objectifs budgétaires partiels des commissions concernées. Le communiqué du 19 octobre ne donne ni montant final arrêté ni date d’application de nouvelles mesures. [1]
Les mutualités souhaitent que le gouvernement suive au maximum leur proposition. Elles estiment que l’absence d’adoption empêche de lancer les mesures préparées. Ce sont leurs attentes et leur appréciation des conséquences de la séquence, à distinguer du résultat officiel du vote. [2]
En parallèle du budget annuel, les partenaires du Comité de l’assurance se sont engagés à élaborer un plan pluriannuel durable d’ici fin mai 2027. Le communiqué du 5 octobre cite notamment la prévention et l’amélioration de la prescription parmi ses orientations. Cette échéance concerne la préparation d’une trajectoire à plus long terme, pas la date d’adoption du budget 2027. [3]
Sources et références
Sources
- La proposition budgétaire sur les soins de santé 2027 n’a pas été approuvée par le Conseil général de l’INAMI
https://www.inami.fgov.be/fr/actualites/la-proposition-budgetaire-sur-les-soins-de-sante-2027-n-a-pas-ete-approuvee-par-le-conseil-general-de-l-inami - Budget de la santé 2027 : Absence de décision en raison de l'abstention du gouvernement
https://mutualites-libres.prezly.com/budget-de-la-sante-2027-absence-de-decision-en-raison-de-labstention-du-gouvernement - Les prestataires de soins, les institutions de soins et les mutuelles parviennent à un accord sur la proposition de budget pour les soins de santé en 2027
https://mutualites-libres.prezly.com/les-prestataires-de-soins-les-institutions-de-soins-et-les-mutuelles-parviennent-a-un-accord-sur-la-proposition-de-budget-pour-les-soins-de-sante-en-2027
LA SANTÉ À VOTRE PORTÉE




