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La peur de tomber peut réduire les déplacements d’une personne âgée et lui faire perdre des capacités. Vous voulez savoir ce qu’un atelier de prévention des chutes en EHPAD apporte à votre proche, sans le mettre en difficulté.
Vous comprendrez comment il se déroule et comment les exercices s’adaptent aux capacités de votre proche.
Atelier prévention des chutes en EHPAD : objectifs et accès
Un atelier pour préserver les capacités restantes

Les séances peuvent aider les résidents à renforcer leurs jambes. Cela facilite la marche, le lever et les transferts. Elles apprennent aussi à réagir après une chute et à se relever du sol en sécurité.
L’activité physique adaptée (APA) tient compte de la santé, des capacités et des limites de chacun. Elle peut se pratiquer en groupe, seul ou assis.
Résidents, personnes âgées et proches
L’atelier s’adresse d’abord aux résidents qui ont déjà chuté, qui craignent de tomber, marchent avec difficulté ou sont fragiles. Leur participation dépend d’une évaluation de leur santé et de leurs capacités.
Un cycle local de cinq séances va du repérage au relever du sol
Un cycle peut compter cinq séances d’une heure trente, après un bilan. Les rendez-vous rapprochés aident les résidents à refaire les exercices entre les séances.
- Séance 1, comprendre les chutes : échange sur leurs causes, les habitudes de vie, l’alimentation, les chaussures et les soins des pieds. L’équilibre et la mobilité sont aussi évalués.
- Séance 5, réutiliser les acquis : retour sur les conseils et les difficultés rencontrées, puis apprentissage du relevé du sol si l’état du résident le permet.
Une séance commence par un accueil et un point sur l’état du jour. Elle se poursuit par un échauffement, des exercices ciblés et une mise en situation. Un retour au calme termine la séance. Sa durée et sa difficulté s’adaptent aux participants.
La peur de tomber peut réduire l’activité et faire perdre des capacités. Le professionnel peut proposer des gestes du quotidien : se lever, prendre un objet à portée de main, contourner un obstacle ou changer de direction. Ces gestes font travailler l’équilibre, l’attention et la coordination.
Dans les activités du quotidien, l’équipe peut rappeler au résident d’utiliser sa barre d’appui ou son déambulateur comme il faut. Elle peut aussi lui rappeler de signaler toute chute, instabilité ou nouvelle peur de marcher.
Les exercices d’APA ciblent équilibre, marche et force
Vous pouvez retrouver ces exercices d’équilibre assis ou debout, derrière une chaise lourde. Gardez-la assez près pour qu’elle serve d’appui. Le résident commence par poser son poids sur ses deux pieds. Il réduit peu à peu ses appuis.

Les jambes aident à se redresser, à ralentir un mouvement et à retrouver l’équilibre. Le professionnel peut proposer des exercices assis ou debout, avec un appui :
- Se lever d’une chaise, avec ou sans les bras.
- Plier partiellement les genoux en reculant les hanches.
- Tendre une jambe en position assise pour solliciter la cuisse sans porter tout le poids du corps.
La marche peut se pratiquer dans plusieurs directions. Le résident peut aussi changer de rythme, s’arrêter et faire demi-tour. Le parcours peut comporter des repères au sol ou de petits obstacles faciles à franchir.
L’encadrement adapte l’atelier au risque et aux capacités
Assis, avec appui ou en individuel
Si la personne se fatigue vite, elle peut commencer assise. Elle bouge alors les chevilles, les genoux, les bras et le tronc. Avec l’aide d’un professionnel, elle peut ensuite s’exercer aux transferts.
Si votre proche marche avec un déambulateur, il peut s’exercer debout derrière celui-ci ou près d’une barre fixe. Un travail seul peut mieux lui convenir si le groupe va trop vite, s’il comprend mal les consignes ou si le risque de chute est élevé.
L’adaptation peut porter sur :
- la position de départ, la durée et les pauses
- la hauteur de la chaise et les accoudoirs
- le nombre de répétitions et l’amplitude des mouvements
Un contact humain, un repère visuel ou une consigne répétée peut aussi aider votre proche à participer. L’atelier peut réunir tout le groupe, quelques résidents ou une seule personne.
Troubles cognitifs, sensoriels et polypathologies
En cas de trouble cognitif, mieux vaut donner des consignes courtes et concrètes, toujours formulées de la même façon. Une démonstration ou un repère coloré peut être plus facile à suivre qu’une longue explication.

Si votre proche voit moins bien, un éclairage régulier, des contrastes nets et un espace libre sont importants. S’il entend moins bien, le professionnel peut se placer face à lui et vérifier qu’il a compris.
Professionnels, matériel et salle
Un enseignant en activité physique adaptée ou un kinésithérapeute peut encadrer un programme d’APA prescrit par un médecin. Ce programme s’adresse aux personnes qui présentent un risque intermédiaire ou élevé. L’équipe de l’EHPAD repère les changements, sécurise les déplacements et transmet les informations utiles.
Les aides doivent être celles dont votre proche a l’habitude. Une canne ou un déambulateur mal réglé peut gêner sa marche au lieu de la sécuriser.
Trois questions et des tests orientent l’évaluation du risque
Le premier repérage porte notamment sur l’instabilité en se levant ou en marchant, et sur la peur de tomber. Une réponse positive justifie une évaluation plus précise.
L’évaluation porte également sur la perte de poids, la fatigue, la diminution de la force, le ralentissement de la marche et la baisse des activités habituelles.

Pour mesurer la vitesse de marche, le résident parcourt quatre mètres. S’il met plus de cinq secondes, sa vitesse est inférieure à 0,8 mètre par seconde : c’est un signe de risque intermédiaire.
Médicaments, soins et aménagements complètent l’activité physique
Rechercher les causes modifiables
Bouger ne suffit pas. Le médecin peut revoir l’ordonnance et repérer les médicaments qui causent somnolence, vertiges, confusion ou baisse de tension au lever.
Le résident doit signaler toute nouvelle chute, même sans blessure visible. Le médecin peut en chercher la cause, proposer une rééducation, adapter les soins ou demander l’avis d’un spécialiste.
Les pieds sont à contrôler régulièrement. Les chaussures doivent bien tenir le pied et le talon. Trop larges, ouvertes derrière ou mal ajustées, elles peuvent gêner la marche.
Chambre, sanitaires et aides à la marche
Le résident doit pouvoir aller de son lit aux sanitaires, en passant par son fauteuil, sans contourner de petits meubles. Gardez les objets utiles à portée de main.
Les aménagements utiles comprennent
- un chemin lumineux pour la nuit
- des barres d’appui près des toilettes et dans la salle de bains
- une douche sans seuil ou munie d’un siège stable
- des sols secs et antidérapants
- des mains courantes
- un lit à hauteur adaptée aux transferts
- un bouton d’appel accessible depuis le lit comme depuis le sol
La canne, le déambulateur, le fauteuil roulant ou un autre dispositif doit être réglé et essayé avec le résident. Un professionnel peut lui montrer comment s’en servir et vérifier qu’il lui convient.

Le relever du sol s’apprend avec des aides, sans remplacer les soins
Des étapes progressives pour se relever
Se relever du sol ne doit pas demander un grand effort. Le résident apprend à garder son calme, à vérifier qu’il peut bouger sans douleur et à trouver un appui stable.
Les étapes pour se relever
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Avec le professionnel, le résident apprend à se tourner doucement sur le côté, puis à s’appuyer sur l’avant-bras pour passer à quatre pattes. Il rejoint un fauteuil ou un meuble stable, sans s’appuyer sur un objet qui bouge. Il avance une jambe, puis pousse avec les bras et sa jambe la plus forte. Avant de marcher, il tourne lentement et s’assoit.

Le professionnel peut poser un tapis épais ou utiliser une aide pour le relevage. Il observe les transferts et arrête l’exercice en cas de douleur, de vertige ou de forte anxiété. Selon ses capacités, le résident peut aussi s’entraîner sans aller au sol : passer d’une chaise à une position à demi agenouillée, puis se rasseoir.
Certains signes imposent d’attendre les secours
Après une chute, ne relevez pas tout de suite la personne en la tirant par les bras. Vérifiez d’abord si elle est consciente et respire. Repérez aussi ses douleurs, sa capacité à bouger les membres et tout saignement.
Si le bouton d’appel ou le téléphone est trop loin, le résident peut faire du bruit avec un objet solide. Qu’il ne se déplace pas si cela lui fait mal. Il attend dans une position confortable et se couvre pour ne pas se refroidir.
Après plus d’une heure au sol, une chute est considérée comme grave. Cette attente peut causer une déshydratation, une baisse de la température, des lésions musculaires et une dégradation rapide de l’état général.
Pour avancer, contactez l’équipe de l’EHPAD et demandez si votre proche peut bénéficier d’un bilan et participer à un atelier adapté à ses capacités. Signalez toute chute récente, peur de marcher ou instabilité, puis convenez avec l’équipe des premiers ajustements utiles dans sa chambre.
Foire aux questions
Quelle fréquence prévoir pour un atelier de prévention ?
La fréquence dépend du risque de chute, de la fatigue et des objectifs de votre proche. Un programme d’activité physique adaptée peut prévoir plusieurs séances par semaine, tandis qu’un cycle d’éducation peut réunir cinq séances rapprochées.
Une personne en fauteuil peut-elle participer ?
Oui, votre proche peut participer à certains exercices depuis son fauteuil. Le professionnel peut travailler les mouvements des chevilles, la force du tronc, les transferts et la coordination, sans lui demander de marcher debout.
Faut-il une prescription médicale pour participer ?
Une prescription médicale est nécessaire pour certains programmes d’activité physique adaptée destinés aux personnes qui présentent un risque particulier ou une maladie. Un atelier d’information ou de prévention organisé par l’EHPAD peut suivre ses propres conditions d’accès, fixées avec l’équipe soignante.
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