Le retour d’un projet d’économies sur les cures thermales réveille une opposition bien connue : soins médicaux pour les uns, séjour de confort pour les autres. Dans le Gers, les responsables de stations et les élus interrogés par La Dépêche défendent leur place dans les parcours de patients. Pour comprendre ce qui est discuté, il faut d’abord regarder ce que l’Assurance maladie appelle une cure remboursable. [1][2]
Le débat de 2027 ne change pas les conditions affichées aujourd’hui
Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 vise 200 millions d’euros d’économies au moyen d’une baisse du taux de prise en charge des cures. C’est une mesure proposée, pas une baisse déjà applicable. Le passage budgétaire ne permet pas de fixer un futur taux pour tous les patients. [1]
Dans La Dépêche, le maire de Lectoure insiste sur la distinction entre vacances et soins prescrits. Il redoute que des patients modestes renoncent si leur prise en charge diminue. Cette inquiétude porte sur une conséquence possible du projet, pas sur un renoncement déjà mesuré après une réforme entrée en vigueur. [2]
Une prescription et une orientation médicale, avant le choix du séjour
Selon l’Assurance maladie, la cure doit être prescrite par un médecin généraliste ou spécialiste, ou parfois par un chirurgien-dentiste pour certaines affections de la bouche. Elle doit correspondre à l’une des douze orientations thérapeutiques prises en charge. La rhumatologie et les voies respiratoires en font partie, mais ce n’est pas une autorisation générale pour n’importe quel symptôme ou n’importe quel centre. [3]
L’établissement doit être agréé et conventionné. Le médecin choisit la station en fonction de l’affection, car toutes ne proposent pas les mêmes orientations. Si deux affections sont concernées, une prise en charge dans deux orientations suppose une prescription et une station reconnue dans chacune d’elles.

Une prestation vendue sous le nom de mini-cure ou de séjour bien-être ne devient donc pas remboursable parce qu’elle se déroule dans une ville thermale. L’Assurance maladie distingue explicitement la cure médicale de la thalassothérapie, dont les prestations préventives et de bien-être ne sont pas prises en charge dans ce cadre. [3]
Dix-huit jours de traitements et un suivi à transmettre au prescripteur
La durée normale est de 18 jours de traitements effectifs. Le nombre de séances dépend de la pathologie. Une interruption empêche normalement le remboursement, sauf force majeure ou raison médicale : ce cadre mérite d’être connu avant de réserver un format plus court en pensant qu’il bénéficie du même financement. [3]

La surveillance par le médecin thermal fait également partie du dispositif. Elle comprend au moins trois consultations et, à la fin, un document destiné au prescripteur. Celui-ci retrace le déroulement de la cure, les traitements dispensés et les conclusions du médecin thermal. Le séjour ne s’arrête donc pas, sur le plan médical, à une succession de soins sans lien avec le suivi habituel.
Pour une personne suivie pour des douleurs articulaires, cela invite à formuler le but du projet de cure avec le prescripteur : quelle gêne veut-on prendre en charge et comment la décrire au retour ? Le fait qu’un soin soit remboursable ne permet pas, à lui seul, de prédire son résultat individuel ni de le classer au-dessus d’autres traitements.
Le dossier financier ne remplace pas la prescription
La demande doit être adressée à la caisse avant la cure. Le médecin remplit le questionnaire médical ; le patient complète la déclaration de ressources, utile notamment à l’examen d’une participation aux frais de transport et d’hébergement. La réponse précise la station et l’orientation retenues. Une réservation commerciale n’a pas la même fonction que cet accord. [3]
Les postes sont ensuite séparés : le forfait thermal est remboursé à 65 % de sa base conventionnelle et la surveillance médicale à 70 % de la sienne, dans le régime général et hors situations particulières. La complémentaire peut intervenir selon le contrat. Le médecin thermal remet le compte rendu au prescripteur, tandis que les volets de prise en charge sont utilisés pour la facturation des honoraires et des soins.
Sources et références
[1] Direction de la Sécurité sociale — PLFSS 2027, annexe 5, construction de l’ONDAM et avis du Comité d’alerte.
https://www.securite-sociale.fr/files/live/sites/SSFR/files/medias/PLFSS/2027/PLFSS2027-Annexe5-vdef.pdf
[2] La Dépêche — Entretiens avec élus et responsables de stations thermales du Gers, 14 octobre 2026.
https://www.ladepeche.fr/2026/10/14/decryptage-ca-va-venir-encore-tuer-de-lemploi-le-projet-de-deremboursement-des-cures-thermales-du-gouvernement-inquiete-elus-et-professionnels-13601622.php
[3] Assurance maladie — Effectuer une cure thermale : formalités et prise en charge, 9 mars 2026.
https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/cure-thermale
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