Une chute banale, un coup à la tête vite oublié : chez la personne âgée, cela peut suffire à faire saigner dans le crâne.
Le problème : ce saignement se remarque mal, et ses signes ressemblent à ceux de l’âge. Cet article vous explique ce qu’est cet hématome, comment le reconnaître, comment il se soigne et comment éviter les chutes.
Quand faut-il consulter ?
Votre proche a 65 ans ou plus et prend un anticoagulant ou un antiagrégant ? Après un choc à la tête, il doit être vu aux urgences, même s’il semble aller bien.
Ces traitements fluidifient le sang, donc un saignement peut se former dans le crâne sans symptôme au début. Seul un examen permet de le vérifier.
Si vous voyez l’un de ces signes, appelez le 15 ou le 112 :
- Perte de connaissance, vomissements répétés ou somnolence.
- Difficulté à marcher, trouble de la parole ou changement de comportement.
- Au téléphone, dites qu’il y a eu un choc à la tête, l’heure de la chute et les anticoagulants pris.
- Après les urgences, surveillez 48 heures et rappelez si le mal de tête augmente.
Qu’est-ce qu’un hématome sous-dural ?
La forme aiguë
Un hématome sous-dural est une poche de sang entre la dure-mère et l’arachnoïde, deux enveloppes du cerveau. Il vient souvent de la rupture de veines qui relient le cerveau à ces enveloppes.
L’hématome épidural, lui, se loge entre le crâne et la dure-mère. Au scanner, le sous-dural forme souvent un croissant, l’épidural une lentille bombée des deux côtés.
La forme aiguë apparaît dans les 72 heures après le choc. Elle peut comprimer le cerveau en peu de temps, avec somnolence ou faiblesse d’un côté du corps.
Chez les personnes ayant un traumatisme crânien modéré ou grave, elle représente environ 20 % des lésions. Une opération d’urgence est alors nécessaire pour retirer le sang.
La forme subaiguë
La forme subaiguë se déclare entre le 3e et le 21e jour après le choc. Les premiers signes peuvent donc arriver plusieurs jours après une chute, alors que la personne semble bien aller.
Ce délai change la surveillance : pendant trois semaines après une chute, tout nouveau trouble doit faire penser à l’hématome et conduire à consulter sans attendre.
La forme chronique
La forme chronique est la plus fréquente chez la personne âgée. Elle touche surtout les hommes de plus de 65 ans, environ cinq fois plus souvent que les femmes.
| Critère | Forme aiguë | Forme subaiguë | Forme chronique |
|---|---|---|---|
| Délai après le choc | Dans les 72 heures | Du 3e au 21e jour | Plus de 3 semaines |
| Choc à l’origine | Choc important | Une chute | Choc léger ou oublié |
| Premiers signes | Somnolence, faiblesse d’un côté du corps | Plusieurs jours après, alors que la personne semble bien | Parfois plusieurs semaines après |
Pourquoi survient-il chez la personne âgée ?
Avec l’âge, le cerveau perd du volume. Les veines qui le relient à ses enveloppes sont alors plus étirées. Une chute banale peut suffire à les rompre.
Le choc peut être léger et remonter à plusieurs semaines. Il est retrouvé dans environ 70 % des hématomes sous-duraux chroniques. Ne pas le confondre avec l’eau dans le cerveau de la personne âgée.
Les anticoagulants, et les antiagrégants comme l’aspirine ou le clopidogrel, augmentent le risque de saignement après un choc à la tête. Sous ces traitements, une chute, même petite, doit toujours être prise au sérieux.
Un trouble de la coagulation, une cirrhose ou des chutes répétées sont aussi à signaler au médecin. L’alcool consommé longtemps, lui, réduit le volume du cerveau et perturbe la coagulation.
Comment ça se manifeste
Confusion, oubli, changement de caractère : ces signes ressemblent à ceux du vieillissement, ce qui rend l’hématome difficile à repérer.

Le critère clé, c’est la vitesse. Une démence évolue au fil du temps. Si un changement arrive en quelques jours ou semaines, surtout après une chute, ne l’attribuez pas à l’âge : consultez un médecin.
Au quotidien, les proches remarquent souvent ces signes. Pour une personne qui recule en marchant, voyez quand consulter pour une rétropulsion :
- une marche plus lente, instable, ou des chutes qui se répètent
- des maux de tête nouveaux ou qui reviennent
- une confusion qui change au cours de la journée
- une pensée qui ralentit, de l’apathie ou une somnolence inhabituelle
- une faiblesse d’un côté du corps ou une parole qui change
Comment le diagnostic est posé
Le scanner cérébral sans injection est l’examen de référence. Il montre la poche de sang, sa taille et si elle comprime le cerveau.
Le médecin cherche des plis effacés, des cavités internes comprimées et une ligne médiane déplacée, c’est-à-dire la ligne qui coupe le cerveau en deux. Attention : si les deux côtés sont touchés, cette ligne peut rester en place.

Si le scanner ne permet pas de conclure, une IRM peut aider. Avant une opération, l’équipe vérifie la coagulation, c’est-à-dire la capacité du sang à se figer, et prépare les examens nécessaires à l’anesthésie.
Si vous prenez un anticoagulant et que le scanner montre un saignement, l’équipe décide vite comment corriger son effet. Le choix dépend du médicament et de votre situation.
Comment se soigne-t-il, et quelles séquelles ensuite ?
L’évacuation chirurgicale
L’évacuation chirurgicale est le traitement habituel d’un hématome chronique qui donne des symptômes ou comprime fortement le cerveau. Le chirurgien fait une petite ouverture dans le crâne et retire le sang.
Un drain reste souvent en place. L’âge seul ne l’exclut pas. Sans traitement, la pression peut monter et provoquer une urgence neurologique.
Après l’opération, l’hospitalisation dure en moyenne environ cinq jours. Elle varie selon l’état général et les suites de l’intervention. La marche, la force et la confusion peuvent ensuite s’améliorer.
Le saignement peut revenir : des complications surviennent chez 22,5 % des patients, et la récidive en est la cause principale. Pour la suite, la rééducation peut se poursuivre à domicile ou en hôpital de jour.
La surveillance d’un hématome peu symptomatique
Un petit hématome bien toléré peut être surveillé sans opération. Le médecin suit alors les symptômes, et c’est lui qui décide si un nouveau scanner est nécessaire.
Après une opération, un scanner est utile si la récupération ne se passe pas comme prévu, ou si les signes du cerveau, comme la faiblesse ou la confusion, s’aggravent. Dans ce cas, parlez-en vite à votre médecin.
Peut-on l’éviter ?
Tous les hématomes sous-duraux ne se préviennent pas. Mais éviter les chutes réduit nettement le risque.
En France, une personne sur trois de plus de 65 ans chute chaque année. Un exercice adapté, qui travaille l’équilibre et la force, réduit ce risque.
Après une chute, faites rechercher la cause : un problème de vue, d’équilibre ou un médicament. Pour la suite, lisez Côtes cassées chez les personnes âgées.
Pour limiter les chutes à la maison :
- Libérez les passages et fixez ou retirez les tapis.
- Posez des barres d’appui dans la salle de bains et une main courante dans les escaliers.
- MaPrimeAdapt’ peut financer 50 % ou 70 % des travaux, selon vos revenus, si vous avez 70 ans ou plus, sous conditions de ressources.
- Ne changez pas un traitement fluidifiant le sang sans l’avis de votre médecin.
Un hématome sous-dural peut apparaître des semaines après une chute, et ses signes ressemblent à ceux du vieillissement.
Retenez une règle simple : après un choc à la tête, consultez, et ne mettez pas un changement rapide sur le compte de l’âge.
Votre prochain pas : si un signe d’alerte apparaît, appelez le 15 ou le 112 sans attendre.
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