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Transfusion sanguine chez les personnes âgées, quel seuil ?

Par Relu par Antoine BOUQUET
Mains d'une personne âgée sous perfusion dans un lit d'hôpital.

Une grande fatigue et un souffle court, et le médecin parle de transfusion sanguine chez une personne âgée. Difficile de ne pas s’inquiéter. Faut-il accepter tout de suite ?

Vous saurez quand elle devient nécessaire, à partir de quel taux et les signes à surveiller.

Transfusion sanguine chez les personnes âgées : seuils et indications

Quand une transfusion devient-elle nécessaire ?

Chez une personne âgée, la transfusion de globules rouges peut être envisagée en cas d’hémorragie, d’anémie profonde ou d’anémie mal tolérée. Elle sert à rétablir vite le transport de l’oxygène vers les organes.

L’âge, à lui seul, ne suffit donc pas à décider d’une transfusion.

Le médecin regarde le taux d’hémoglobine et la vitesse à laquelle l’anémie s’est installée. Il observe aussi les symptômes, l’état du cœur, des poumons et des reins, sans oublier la cause du manque de globules rouges. Deux personnes avec la même hémoglobine peuvent donc recevoir des prises en charge très différentes.

Certaines situations rendent la transfusion urgente :

  • un saignement actif important, après une intervention, une chute ou une hémorragie digestive
  • une douleur thoracique qui évoque un manque d’oxygène au cœur
  • un essoufflement marqué, une tension basse ou un cœur qui bat très vite
  • un malaise, une confusion inhabituelle ou une perte de connaissance
  • une anémie très mal supportée, même si le chiffre d’hémoglobine paraît moins bas

Le concentré de globules rouges (CGR) apporte des globules rouges capables de transporter l’oxygène. Il ne remplace ni le traitement d’un saignement, ni une supplémentation en fer, ni la prise en charge d’une maladie chronique.

La décision se prend à l’hôpital, sur prescription médicale. Avant tout, on vérifie le groupe sanguin et la compatibilité.

Les seuils d’hémoglobine, des repères et non des ordres

Le seuil transfusionnel est le taux d’hémoglobine à partir duquel l’équipe peut envisager de transfuser. C’est un repère, jamais un automatisme. Chez les plus de 80 ans, les seuils généralement retenus sont les suivants :

  • 7 g/dL (soit 70 g/L) en l’absence d’insuffisance cardiaque ou coronarienne et sans mauvaise tolérance clinique
  • 8 g/dL (soit 80 g/L) en cas d’insuffisance cardiaque ou de maladie coronarienne
  • 10 g/dL (soit 100 g/L) si l’anémie provoque une mauvaise tolérance clinique importante

Les situations particulières à ne pas négliger

Ces valeurs concernent surtout les anémies sans hémorragie massive. En cas de saignement en cours, le médecin regarde aussi la quantité de sang perdue, la tension, le pouls et l’état général.

Une personne âgée peut être transfusée avec une hémoglobine supérieure à 7 g/dL. C’est le cas si elle a une douleur thoracique, une détresse respiratoire, une hypotension ou une autre complication.

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À l’inverse, une hémoglobine à 7 g/dL ne déclenche pas toujours une transfusion. Si elle a baissé lentement et que vous la tolérez bien, le médecin peut ne pas la proposer.

La transfusion n’est pas le traitement habituel d’une anémie chronique modérée sans symptôme. On commence plutôt par chercher une carence, un saignement, une inflammation, une maladie rénale ou un problème de moelle osseuse.

L’anémie n’est pas une conséquence normale du vieillissement

Vieillissement et anémie

L’anémie, c’est un taux d’hémoglobine trop bas. Cette protéine, présente dans les globules rouges, transporte l’oxygène des poumons vers les muscles, le cerveau et les autres organes.

Une personne âgée marche en s’appuyant sur une canne, une main posée sur la poitrine, sur un chemin bordé d’arbres et d’un muret.
Une anémie peut réduire l’endurance et rendre les déplacements quotidiens plus difficiles.

Avec l’âge, les maladies chroniques, les cancers, les maladies rénales et les troubles de la moelle osseuse deviennent plus fréquents. Mais le vieillissement, en lui-même, ne suffit pas à provoquer une anémie.

Les symptômes varient selon la profondeur et la rapidité d’installation de l’anémie :

  • fatigue ou manque d’énergie
  • essoufflement à l’effort
  • vertiges, maux de tête ou palpitations
  • pâleur, sueurs ou accélération du pouls
  • perte d’équilibre et difficultés à marcher
  • confusion, agitation ou baisse de l’attention chez certaines personnes âgées

Origines et conséquences

Les origines les plus fréquentes sont :

  • une carence en fer, parfois liée à un saignement digestif lent
  • une inflammation chronique ou une infection
  • une carence en vitamine B12 ou en folates
  • un cancer, notamment une maladie du sang ou de la moelle osseuse
  • une destruction anormale des globules rouges, appelée hémolyse

Certains médicaments peuvent aussi jouer un rôle, surtout s’ils favorisent un saignement digestif ou perturbent la production sanguine. Signalez donc à votre médecin tous vos traitements, vos automédications et vos compléments.

L’anémie peut vous exposer à plusieurs risques :

  • moins de force musculaire, donc une marche plus difficile
  • un risque de chute plus élevé
  • une insuffisance cardiaque ou une maladie respiratoire qui s’aggrave
  • un cœur et des poumons obligés de compenser le manque d’oxygène

Le bilan de l’anémie identifie la cause avant le traitement

Examens et interprétation

Un tube contenant du sang repose sur une paillasse de laboratoire, devant une personne portant des gants bleus et un portoir de tubes.
La numération formule sanguine mesure l’hémoglobine et plusieurs catégories de cellules sanguines.

Le premier examen est la numération formule sanguine (NFS). Elle mesure l’hémoglobine, le nombre de globules rouges, les globules blancs et les plaquettes. Vous retrouvez ces valeurs sur votre compte-rendu.

Le volume globulaire moyen (VGM) indique la taille moyenne des globules rouges. Un VGM bas fait penser à une carence en fer ou à une perte de sang chronique. Un VGM élevé oriente plutôt vers une carence en vitamine B12 ou en folates, un médicament ou un problème de moelle.

Le médecin peut compléter la NFS par :

  • La ferritine et le bilan du fer
  • La vitamine B12 et les folates
  • La créatinine, pour évaluer la fonction rénale
  • La protéine C réactive, qui recherche une inflammation

Recherche de la cause

Chez une personne âgée, une carence en fer doit faire chercher un saignement, surtout dans le tube digestif. Selon vos symptômes et les résultats, le médecin peut proposer une endoscopie digestive haute, une coloscopie ou un autre examen.

Signalez vite les selles noires, le sang rouge dans les selles, les vomissements sanglants, les urines rouges ou une perte de poids. Ce sont des signes qu’il ne faut pas laisser passer.

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Une anémie liée à une maladie rénale, à une inflammation ou à un cancer ne se soigne pas toujours avec un simple apport de fer. Le traitement dépend de la cause.

Les traitements de l’anémie dépendent de sa cause

Traitements selon la cause

Une ampoule en verre remplie de liquide et plusieurs comprimés blancs sont posés sur une surface claire.
Une carence en fer ou en vitamines peut souvent être traitée sans transfusion.

Le traitement vise avant tout ce qui a causé l’anémie. C’est la cause qui guide le choix.

Selon le diagnostic, il peut passer par :

  • Du fer, par voie orale ou intraveineuse, en cas de carence confirmée.
  • De la vitamine B12 ou des folates, par comprimés ou injections, selon la carence identifiée.
  • L’arrêt ou l’adaptation d’un médicament qui favorise un saignement ou une anomalie sanguine.
  • Le traitement d’un ulcère, d’un polype ou d’une autre lésion digestive en cas de saignement.
  • La prise en charge de l’insuffisance rénale, avec parfois un médicament qui stimule la production de globules rouges.
  • Le traitement d’une inflammation, d’un cancer ou d’une maladie de la moelle.
  • Des médicaments contre l’hémolyse, lorsque le système immunitaire détruit les globules rouges.

Attention, le fer ne se prend pas systématiquement. Une fatigue ou une hémoglobine basse ne suffisent pas toujours à confirmer une carence. En excès, il peut être inutile et mal toléré, et retarder la recherche de la vraie cause.

Place de la transfusion

La transfusion intervient quand l’anémie est sévère. Elle peut aussi être nécessaire si l’anémie est mal tolérée, s’installe vite ou vient d’une perte de sang.

Le fer, la vitamine B12 ou les médicaments qui stimulent la moelle agissent plus lentement. Si vous avez besoin de globules rouges tout de suite, la transfusion reste utile.

Quand votre état est stable, le médecin commence souvent par un seul CGR, puis vérifie comment vous le tolérez avant de décider si une autre unité est nécessaire.

La transfusion corrige vite l’anémie, sans traiter sa cause

Bénéfices et risques

Le principal bénéfice, c’est la rapidité. Le sang retrouve vite sa capacité à transporter l’oxygène. Selon la cause des symptômes, vous pouvez respirer plus facilement, voir votre pouls ralentir ou retrouver un peu de force.

Comme tout traitement, elle comporte toutefois des risques :

  • une réaction allergique, avec démangeaisons ou éruption ;
  • de la fièvre ou des frissons ;
  • une réaction hémolytique liée à une incompatibilité, très rare grâce aux contrôles ;
  • une infection transmise par le sang, devenue exceptionnelle avec les contrôles des dons ;
  • une surcharge en fer en cas de transfusions répétées ;
  • une surcharge circulatoire, surtout chez les personnes âgées, cardiaques ou atteintes d’une maladie rénale.

Pendant la transfusion, signalez aussitôt à l’équipe toute gêne respiratoire, douleur dans le dos ou la poitrine, fièvre, frissons ou malaise.

Surcharge circulatoire et œdème pulmonaire

La surcharge circulatoire associée à la transfusion, appelée TACO, survient lorsque le volume transfusé dépasse ce que le cœur et les reins peuvent évacuer. Le liquide s’accumule alors dans la circulation et peut provoquer un œdème pulmonaire.

Le risque augmente avec :

  • un âge avancé ;
  • une insuffisance cardiaque ;
  • une insuffisance rénale ;
  • une valvulopathie ;
  • une hypertension artérielle ;
  • une infection récente ou une fragilité importante.

Les signes d’alerte sont :

  • un essoufflement nouveau ;
  • une respiration rapide ;
  • une baisse de la saturation en oxygène ;
  • une toux ;
  • une oppression thoracique ;
  • des crépitements entendus dans les poumons.
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Ils peuvent apparaître pendant la transfusion ou dans les heures qui suivent. Pensez à les signaler tout de suite.

En cas de doute, l’équipe arrête la transfusion. Elle évalue le cœur et les poumons, puis met en place le traitement nécessaire. Un diurétique peut aider l’organisme à éliminer l’excès de liquide.

Après la transfusion

Une soignante masquée prend la tension d’un homme âgé assis dans un fauteuil.
La surveillance aide à repérer rapidement une réaction ou une surcharge circulatoire après la transfusion.

Après l’injection, l’équipe contrôle votre état. Elle regarde le pouls, la tension, la température et la respiration. Si besoin, elle mesure aussi la saturation en oxygène.

Chez vous, appelez vite l’équipe médicale ou les urgences si vous avez de la fièvre, des frissons, une jaunisse, des urines foncées, une fatigue brutale ou un essoufflement inhabituel. Le délai dépend de l’intensité des symptômes.

Débit, compatibilité et surveillance adaptés aux personnes âgées

Prévenir la surcharge

Chez une personne âgée à risque, le médecin vérifie votre respiration, votre tension, votre pouls et vos symptômes. Il le fait avant chaque nouvelle unité de CGR. Vous voyez l’intérêt ? Cette vérification évite bien des surcharges.

Avant de parler de transfusion, cochez ce qui s’applique à vous
Ces questions reprennent les points à vérifier avec votre médecin avant une éventuelle transfusion chez une personne âgée.

Le seuil transfusionnel se décide sur ce chiffre et sur la vitesse à laquelle l’anémie s’est installée.

Dans ce cas, le seuil retenu est en général plus haut, à 8 g/dL au lieu de 7 g/dL.

Ces symptômes comptent autant que le chiffre dans la décision médicale.

Un saignement digestif peut être la cause de l’anémie et doit être recherché.

Ces traitements doivent être signalés avant une transfusion, car ils modifient le risque de saignement et de surcharge.

Une ancienne réaction aide l’équipe à adapter la surveillance.

Une carence se traite souvent sans transfusion, par un apport adapté.

Le patient ou son proche peut signaler, avant la transfusion :

  • La prise de diurétiques
  • Une ancienne réaction transfusionnelle
  • Une transfusion récente
  • Une difficulté respiratoire habituelle
  • La prise d’anticoagulants ou d’antiagrégants

Déroulement et surveillance

Avant la transfusion, vous recevez des informations sur le produit. On vous explique les bénéfices attendus et les effets indésirables possibles. Ensuite, l’équipe vérifie votre identité, la prescription, votre groupe sanguin et la compatibilité. Elle contrôle aussi la date de validité du produit.

Les quinze premières minutes demandent une attention particulière. Certaines réactions apparaissent très vite. Restez attentif à ce que vous ressentez.

Face à une anémie, demandez d’abord au médecin quelle en est la cause, car c’est elle qui guide le traitement. La transfusion répond au besoin immédiat, mais elle ne remplace pas la correction du problème de fond.

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