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Personne âgée qui n’urine plus : quand consulter ?

Par Relu par Antoine BOUQUET
Un homme âgé aux cheveux gris assis sur le bord de son lit, de dos, avec un déambulateur à ses côtés dans une chambre.

Une vessie ne se vide pas toujours toute seule. Une personne âgée qui n’urine plus peut vite souffrir, et l’entourage y voit souvent un simple coup de fatigue.

On fait le point sur les causes et les bons réflexes à adopter.

Quand faut-il consulter en urgence ?

Vous remarquez qu’un parent âgé ressent une envie pressante mais n’arrive plus à uriner ? Ne laissez pas traîner : demandez un avis médical sans attendre. Une rétention aiguë remplit la vessie, fait monter la pression et peut provoquer une douleur importante.

Votre proche urine-t-il encore ? Faites le point
Cochez ce qui s’applique à la personne concernée pour savoir si un avis médical est nécessaire.

Dans ce cas, appelez le 15 ou le 112 sans attendre, car la vessie peut se distendre rapidement.

Ce tableau correspond à une rétention aiguë, qui demande un drainage rapide.

Une confusion nouvelle peut venir d’une rétention ou d’une infection urinaire, même sans douleur signalée.

Ces signes justifient une prise en charge rapide, surtout s’ils s’accompagnent d’une douleur.

Ces fuites peuvent correspondre à une rétention chronique avec regorgement de la vessie trop pleine.

Ne l’arrêtez pas seul : le médecin peut le modifier ou le remplacer.

Un fécalome peut comprimer la vessie et gêner la vidange urinaire.

Ces signes orientent souvent vers une prostate augmentée de volume.

Appelez le 15 ou le 112 si l’impossibilité d’uriner s’accompagne d’un état qui se dégrade, d’une douleur intense, d’une confusion inhabituelle ou d’une grande agitation. Ces numéros permettent de joindre les secours et d’être orienté vers la bonne réponse.

Certains signes justifient aussi une prise en charge rapide :

  • De la fièvre ou des frissons, qui peuvent accompagner une infection urinaire ou une prostatite chez l’homme.
  • Du sang visible dans les urines, surtout si des caillots semblent bloquer l’écoulement.
  • Une douleur dans le bas-ventre, le dos ou les lombaires.
  • Des vomissements, un malaise, une faiblesse marquée ou une somnolence inhabituelle.
  • Une confusion ou une agitation chez une personne qui ne sait plus dire clairement qu’elle a besoin d’uriner.
  • Une absence complète d’urine sans sensation de vessie pleine : il peut s’agir d’une anurie, c’est-à-dire d’une production d’urine très faible ou interrompue par les reins.

On pourrait croire qu’il suffit de faire boire la personne pour débloquer la situation. Pourtant, boire davantage ne débloque pas une vessie obstruée : ne forcez pas l’eau, ne donnez pas de diurétique et n’essayez pas de poser une sonde vous-même.

Si la personne porte déjà une sonde, vérifiez que la poche reste sous le niveau de la vessie et que le tuyau n’est pas plié. En cas de douleur, de fièvre, de sang ou d’absence d’écoulement, contactez rapidement un professionnel de santé.

Qu’est-ce qu’une rétention urinaire ?

La rétention urinaire, c’est une vessie qui ne se vide pas correctement.

Dans sa forme aiguë, la personne ne peut plus uriner du tout. Sa vessie est pleine. Dans sa forme chronique, elle urine encore, mais garde souvent une quantité importante d’urine après chaque passage aux toilettes.

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Pour uriner normalement, trois éléments doivent fonctionner ensemble :

  • La vessie doit se remplir puis se contracter suffisamment.
  • Le col de la vessie et l’urètre doivent laisser passer l’urine.
  • Les nerfs doivent coordonner la contraction de la vessie et le relâchement du sphincter, le muscle qui contrôle la sortie des urines.

Pour uriner normalement, trois éléments doivent fonctionner ensemble : la vessie doit se remplir puis se contracter suffisamment, le col de la vessie et l’urètre doivent laisser passer l’urine, et les nerfs doivent coordonner la contraction de la vessie et le relâchement du sphincter. Si l’un de ces éléments ne fonctionne pas, la vidange peut être perturbée.

Chez l’homme âgé, une prostate augmentée peut rétrécir le passage de l’urine. Chez la femme, un prolapsus, une constipation importante ou une maladie neurologique peuvent aussi gêner la vidange.

Dans sa forme aiguë, la personne ne peut plus uriner du tout. La vessie est pleine et la personne ressent souvent une forte envie ainsi qu’une douleur croissante dans le bas-ventre, qui peut paraître gonflé et tendu : c’est le globe vésical.

La rétention chronique est plus discrète. La personne urine souvent en petites quantités. Elle se lève plusieurs fois la nuit ou mouille ses vêtements, alors que sa vessie reste pleine. Ces fuites peuvent correspondre à une incontinence par regorgement.

Une rétention prolongée favorise les infections urinaires. Elle fait aussi monter la pression dans la vessie, ce qui touche les reins. Si l’obstacle persiste, le risque d’insuffisance rénale augmente.

Dans la rétention, les reins produisent de l’urine, mais celle-ci reste bloquée dans la vessie. Dans l’anurie, les reins produisent très peu d’urine, voire n’en produisent plus du tout ; la vessie reste alors vide.

Seul un examen médical permet de les distinguer avec certitude. Souvent, une échographie de la vessie suffit.

Pourquoi la rétention survient-elle chez une personne âgée ?

L’âge ne bloque pas les urines à lui seul. Mais le vieillissement cumule souvent plusieurs facteurs : prostate plus volumineuse, muscles de la vessie moins efficaces, maladies neurologiques, constipation et traitements nombreux.

L’obstacle prostatique

Chez l’homme, l’hypertrophie bénigne de la prostate est une cause fréquente. Cette augmentation non cancéreuse comprime peu à peu l’urètre. Le jet s’affaiblit, il faut attendre avant que l’urine coule, et la vessie se vide moins bien.

Une infection, une anesthésie, une immobilisation ou certains médicaments peuvent ensuite déclencher une rétention brutale.

Les signes qui orientent vers un obstacle prostatique sont notamment :

  • Un jet faible ou haché.
  • Des difficultés à commencer la miction.
  • Le besoin de pousser pour uriner.
  • Des envies fréquentes, y compris la nuit.
  • La sensation de ne pas avoir vidé la vessie.
  • Des gouttes retardataires après la miction.

Chez la femme âgée, la rétention peut être liée à un prolapsus génital : les organes du bassin descendent et modifient l’angle de l’urètre. Une intervention récente, une infection, un rétrécissement de l’urètre ou une tumeur pelvienne font aussi partie des causes possibles.

La constipation sévère mérite une attention particulière. Un fécalome, c’est-à-dire un amas de selles très dures bloqué dans le rectum, peut comprimer les structures voisines et perturber la vidange de la vessie.

Chez une personne âgée confuse ou alitée, pensez donc à vérifier le transit en même temps que les urines.

Les maladies neurologiques peuvent empêcher la vessie de se contracter suffisamment ou perturber le relâchement du sphincter. La coordination nécessaire à la miction est alors affectée.

Plusieurs maladies peuvent ainsi provoquer une rétention, parfois sans douleur :

  • Le diabète.
  • La maladie de Parkinson.
  • Un accident vasculaire cérébral.
  • Une sclérose en plaques.
  • Une atteinte de la moelle épinière.
Un déambulateur se trouve dans un couloir devant la porte ouverte d’une salle de bains où l’on aperçoit des toilettes.
Rapprocher les toilettes et dégager le passage peut faciliter les déplacements d’une personne peu mobile.

Une personne âgée peut aussi retenir ses urines simplement parce qu’elle n’atteint pas les toilettes à temps. La douleur, la faiblesse musculaire, un fauteuil mal placé ou des troubles cognitifs compliquent la miction. Le risque grandit si la personne boit peu et reste longtemps alitée.

Les médicaments

Les personnes âgées sont plus sensibles aux effets anticholinergiques. Ces effets réduisent les contractions de la vessie. Ils peuvent provoquer constipation, sécheresse de la bouche, confusion et rétention urinaire.

Parmi les traitements à vérifier avec un médecin ou un pharmacien figurent :

  • Certains antihistaminiques, notamment ceux utilisés contre le rhume ou les allergies.
  • Certains antidépresseurs et antipsychotiques.
  • Les médicaments antispasmodiques de la vessie.
  • Les opioïdes contre la douleur.
  • Certains traitements contre la maladie de Parkinson.
  • Les décongestionnants contenant de la pseudo-éphédrine.
  • Les médicaments utilisés pendant une anesthésie ou une péridurale.
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N’arrêtez jamais seul un traitement prescrit. Le professionnel de santé peut rechercher le médicament en cause. Il peut ajuster la dose ou le remplacer, tout en vérifiant qu’un obstacle ne s’y ajoute pas.

Comment reconnaître les formes aiguë et chronique ?

La forme aiguë apparaît vite. La personne ne peut plus uriner, ressent souvent une forte envie et une douleur croissante dans le bas-ventre. Elle peut devenir anxieuse, agitée ou confuse, surtout si elle souffre déjà de troubles cognitifs.

La forme chronique s’installe, elle, progressivement. La personne continue parfois à uriner, mais la vessie conserve un résidu après chaque passage. Les symptômes restent vagues et sont souvent attribués, à tort, au vieillissement.

CritèreForme aiguëForme chronique
InstallationInstallation brutale, en quelques heuresInstallation progressive, sur plusieurs jours ou semaines
MictionsImpossibilité totale d’urinerMictions possibles mais incomplètes
RessentiEnvie pressante et douleur fréquentePesanteur, gêne ou absence de douleur
Bas-ventreBas-ventre tendu, parfois gonfléEnvies fréquentes, faibles jets ou fuites
Prise en chargeBesoin d’un drainage rapideBilan de la cause et surveillance de la vessie et des reins

La rétention chronique peut provoquer une pollakiurie, c’est-à-dire des envies fréquentes, sans que la personne produise forcément davantage d’urine. Elle peut aussi entraîner une nycturie, avec plusieurs réveils nocturnes pour uriner.

Attention, les fuites ne prouvent pas que la vessie se vide correctement. Dans l’incontinence par regorgement, une petite quantité d’urine déborde régulièrement d’une vessie trop pleine. Une protection absorbante masque alors parfois le problème au lieu de le résoudre.

Certains signes doivent vous alerter, même si la personne ne se plaint pas :

  • Une agitation apparue sans raison claire.
  • Une confusion nouvelle.
  • Une baisse de l’appétit ou une fatigue inhabituelle.
  • Des passages très fréquents aux toilettes, avec peu d’urine à chaque fois.
  • Des fuites continues.
  • Un bas-ventre dur ou sensible.
  • Des infections urinaires répétées.

La frontière entre les deux formes n’est pas toujours nette. Une rétention chronique peut se révéler brutalement lorsque la vessie n’arrive plus à compenser l’obstacle : on parle alors de rétention aiguë sur rétention chronique.

Une rétention chronique importante est généralement définie par un résidu post-mictionnel d’au moins 300 millilitres, retrouvé lors d’examens répétés. Ce chiffre ne suffit pas à décider du traitement : les symptômes, la fonction rénale, la fragilité de la personne et la cause comptent aussi.

Comment le diagnostic est posé ?

Le médecin commence par des questions simples. Depuis quand ces difficultés ont-elles commencé ? Votre proche urine-t-il encore ? Ressent-il une douleur ? Ces signes existaient-ils avant l’épisode ? Il regarde aussi les antécédents urologiques, neurologiques et chirurgicaux, ainsi que la liste complète des médicaments.

L’examen cherche un globe vésical, une constipation ou un fécalome, une prostate augmentée chez l’homme et un prolapsus chez la femme. Chez une personne confuse, il reste essentiel, car la douleur et l’envie d’uriner sont parfois difficiles à exprimer.

Le professionnel utilise souvent une échographie portable de la vessie. Posé sur le bas-ventre, cet appareil estime la quantité d’urine présente sans introduire de sonde. Il aide à confirmer la rétention quand les signes sont discrets.

Le résidu post-mictionnel, c’est l’urine qui reste juste après avoir uriné. On le mesure par échographie ou par un sondage évacuateur. Après 65 ans, un petit résidu peut être acceptable. Un volume élevé ou répété, en revanche, demande l’avis d’un médecin.

Si la personne ne peut plus uriner du tout, le premier geste est de vider la vessie. Un professionnel introduit en général une sonde par l’urètre. Si ce passage est impossible ou contre-indiqué, un cathéter peut être placé à travers la paroi abdominale, juste au-dessus du pubis.

Le bilan peut ensuite comprendre :

  • Un examen cytobactériologique des urines si une infection est possible.
  • Une prise de sang avec créatinine pour évaluer le fonctionnement des reins.
  • Un dosage des sels minéraux dans le sang, appelé ionogramme.
  • Une échographie des reins et de la vessie en cas de fièvre, d’insuffisance rénale ou de suspicion de rétention ancienne.
  • Une échographie de la prostate chez l’homme lorsqu’elle semble en cause.
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Cette échographie, ou une consultation spécialisée, peut aussi rechercher un épaississement de la paroi de la vessie, des diverticules, un calcul, une dilatation des reins ou un obstacle prostatique.

La débitmétrie mesure la vitesse et le débit des urines pendant une miction. On la réalise à distance de l’épisode aigu, quand la personne peut à nouveau uriner et qu’aucune sonde ne gêne l’examen.

Une cystoscopie consiste à observer l’urètre et la vessie avec une petite caméra. Elle peut être proposée en cas de sang dans les urines, de difficulté à introduire une sonde ou de suspicion de rétrécissement. Le bilan urodynamique aide quand l’origine neurologique ou le fonctionnement de la vessie restent flous.

Quels traitements et quel suivi ?

Vider la vessie d’abord

Face à une rétention aiguë, le premier geste est de vider la vessie. Un professionnel introduit en général une sonde par l’urètre, jusqu’à la vessie. Si ce passage est impossible ou contre-indiqué, un cathéter peut être placé à travers la paroi abdominale, juste au-dessus du pubis.

Le sondage peut être ponctuel, avec retrait immédiat de la sonde. Il peut aussi se faire avec une sonde à demeure reliée à une poche. Le choix dépend de la cause, du volume retenu, de la capacité de la personne à se sonder et de son état général.

Une sonde à demeure doit rester justifiée. Elle augmente le risque d’infection, de traumatisme urétral et de perte d’autonomie. L’équipe vérifie régulièrement si un sondage intermittent ou une autre solution permet de la retirer.

Après le drainage, les soignants surveillent la quantité d’urine, son aspect, la douleur, la tension artérielle et l’état général. Une vessie très distendue demande un suivi plus étroit. C’est le cas en cas de maladie rénale ou de rétention ancienne.

Une complication, appelée syndrome de levée d’obstacle, peut survenir après la désobstruction. Les reins produisent alors beaucoup d’urine pendant un temps. Il y a un risque de déshydratation et de déséquilibre des sels minéraux. La surveillance de la diurèse, parfois heure par heure, permet de la repérer.

Traiter la cause

Le traitement de la cause dépend du diagnostic :

  • Prostate augmentée : un médicament qui relâche le col de la vessie peut être proposé, puis une intervention si l’obstacle persiste ou si les récidives se répètent.
  • Médicament en cause : le médecin peut le suspendre, le remplacer ou modifier sa dose.
  • Fécalome : son évacuation et la prévention de la constipation peuvent améliorer la vidange.
  • Infection : un antibiotique est réservé aux situations où l’infection est établie ou fortement suspectée.
  • Maladie neurologique ou vessie peu contractile : des sondages intermittents peuvent apprendre à vider régulièrement la vessie.
  • Rétrécissement de l’urètre ou calcul : une prise en charge urologique spécifique peut être nécessaire.
  • Prolapsus génital : sa réduction et son traitement peuvent rétablir un meilleur passage des urines.

L’auto-sondage intermittent peut être envisagé si la personne, ou un aidant formé, peut réaliser le geste dans de bonnes conditions. L’apprentissage se fait avec une équipe spécialisée. Elle explique l’hygiène, le rythme des sondages et les signes d’infection.

Suivi et retrait de la sonde

Après quelques jours, le médecin peut proposer de retirer la sonde pour voir si la vessie reprend son fonctionnement. Vous buvez selon les consignes reçues, puis vous urinez si vous en êtes capable. Une mesure du résidu post-mictionnel est ensuite réalisée. Si la vessie reste trop pleine, le drainage reprend et la cause doit être traitée avant un nouvel essai.

Le suivi vérifie plusieurs points :

  • La reprise d’un jet urinaire suffisant.
  • Le volume d’urine restant après la miction.
  • La fonction rénale.
  • La présence d’une infection.
  • L’évolution de la prostate ou d’un prolapsus.
  • Le transit et la constipation.
  • La tolérance des médicaments.
  • La possibilité de retirer la sonde, ou de remplacer une sonde permanente par des sondages intermittents.
Une poche transparente contenant un liquide jaune est suspendue au côté d’un lit médical, dans une chambre avec une table de chevet, une lampe et une plante.
À domicile, toute baisse du débit ou fuite autour de la sonde mérite un avis médical.

À domicile, ne pincez jamais une sonde. Ne la retirez pas et ne déconnectez pas la poche sans consigne médicale. Gardez la poche sous le niveau de la vessie et évitez les plis du tuyau. Surveillez la quantité, la couleur et l’odeur des urines.

Si vous ne parvenez plus du tout à uriner, ou si une fièvre, une douleur du bas-ventre ou un saignement important apparaît, demandez un avis médical rapidement. Faites de même si la poche ne se remplit plus.

Une vessie qui se vide à nouveau ne veut pas dire que tout est réglé. Demandez au médecin de suivre le résidu après chaque miction et la fonction des reins, car la cause peut revenir, et une rétention prolongée peut abîmer les reins.

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